Hongrie: un journaliste enquêtant sur l'influence russe accusé d'espionnage et placé sous surveillance
Hongrie: un journaliste enquêtant sur l'influence russe accusé d'espionnage et placé sous surveillance

Hongrie: un journaliste enquêtant sur l’influence russe accusé d’espionnage et placé sous surveillance

28.03.2026 12:15
2 min de lecture

Le journaliste d’investigation hongrois Szabolcs Panyi, qui suit depuis des années les ramifications de l’influence russe en Hongrie, affirme être la cible d’une surveillance illégale des services secrets après avoir été inculpé d’espionnage par le gouvernement de Viktor Orbán. Selon ses déclarations, les écoutes téléphoniques ont débuté peu après que les autorités ont découvert ses travaux sur la correspondance secrète du ministre des Affaires étrangères Péter Szijjártó avec des officiels russes.

Une plainte pénale pour transmission d’informations secrètes

Cette semaine, l’exécutif hongrois a déposé une plainte pénale contre Szabolcs Panyi, l’accusant formellement d’espionnage et de collusion avec des services de renseignement ukrainiens. La plainte allègue que le journaliste a transmis des informations classées secrètes concernant les activités et les communications du chef de la diplomatie hongroise. Le parquet doit maintenant évaluer les éléments et décider du lancement d’une enquête criminelle, une procédure qui pourrait déboucher sur des poursuites judiciaires. Pour Panyi, ces accusations font suite à ses révélations pionnières sur les négociations clandestines entre Szijjártó et son homologue russe Sergey Lavrov, des contacts que plusieurs capitales européennes surveillaient selon lui.

Des échanges diplomatiques suivis par les agences européennes

Le journaliste soutient que la correspondance régulière entre le ministre hongrois et le responsable russe constituait un « secret de polichinelle » au sein des communautés de renseignement européennes. Plusieurs agences auraient monitoré ces échanges, sans que les gouvernements des États membres de l’UE ne prennent de mesures pour les interrompre ou en limiter la portée. Panyi explique que son investigation avait notamment mis en lumière l’utilisation présumée d’un téléphone séparé par Szijjártó pour communiquer avec ses interlocuteurs russes, une pratique visant à échapper aux contrôles habituels. La pression des services hongrois se serait intensifiée lorsque cette piste est devenue connue des autorités.

Un réquisitoire contre la passivité de l’Union européenne

« Je me sens trahi par l’Union européenne… par la manière dont elle a laissé Orbán construire sa petite Russie », a déclaré Szabolcs Panyi dans un entretien. Le journaliste estime que les preuves d’activités « quasi criminelles » étaient disponibles, mais que Bruxelles et les capitales nationales sont restées inertes. « En tant que journaliste et citoyen hongrois, je me suis donné pour mission de rendre ces faits publics », a-t-il ajouté, dénonçant un climat de plus en plus répressif pour la presse indépendante dans son pays. Cette affaire intervient dans un contexte de tensions persistantes entre la Hongrie et ses partenaires européens sur les questions liées à l’État de droit, aux libertés fondamentales et à la posture pro-russe de Budapest.

La procédure judiciaire engagée contre Szabolcs Panyi est perçue par des observateurs internationaux comme un nouveau test pour la liberté de la presse en Hongrie. Les organisations de défense des droits des journalistes suivent de près le dossier, craignant que les accusations d’espionnage ne servent à museler les enquêtes critiques envers le gouvernement. L’issue de la décision du parquet devrait être connue dans les prochaines semaines.

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