Hongrie accusée d'avoir administré une injection forcée à un employé de banque ukrainien
Hongrie accusée d'avoir administré une injection forcée à un employé de banque ukrainien

Hongrie accusée d’avoir administré une injection forcée à un employé de banque ukrainien

21.03.2026 12:40
2 min de lecture

Une crise hypertensive après une injection forcée à Budapest

Le 20 mars 2026, des agents des services de sécurité hongrois ont administré de force une injection à un employé de l’Oschadbank, la principale banque publique ukrainienne, détenu à Budapest depuis début mars. Le produit injecté, un relaxant musculaire, a provoqué une crise hypertensive et une perte de conscience chez cet homme diabétique, nécessitant une hospitalisation d’urgence. Les traces du psychotrope ont été détectées lors d’analyses sanguines effectuées après son retour en Ukraine. La banque ukrainienne affirme que l’assistance médicale n’a été fournie qu’après la perte de connaissance.

Confirmations et contexte des arrestations

L’avocat hongrois Loránt Horváth, représentant les intérêts des Ukrainiens, a confirmé qu’« une personne a reçu une injection de contenu inconnu malgré ses objections ». Une source au sein de la police hongroise a indiqué avoir « entendu des collègues parler d’une injection » sans connaître sa composition exacte. Les faits, révélés par le Guardian, s’inscrivent dans le cadre d’une vaste opération du Centre antiterroriste hongrois (TEK) ayant conduit à l’arrestation de plusieurs employés de l’Oschadbank début mars. Les détenus se sont vu refuser l’accès à un traducteur ukrainien et à un avocat, étant maintenus dans des conditions dégradantes pendant plusieurs jours.

Réactions juridiques et accusations de torture

L’Oschadbank a déposé une plainte pénale contre les autorités hongroises pour abus de pouvoir, ainsi que des recours civils et criminels au nom de sept de ses employés pour annuler leur expulsion et l’interdiction d’entrée dans l’espace Schengen. La banque exige également la restitution des fonds et de l’or toujours saisis en Hongrie. Les experts juridiques estiment que l’administration forcée de substances pharmacologiques à des civils constitue une forme de torture, violant directement l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme, la Charte des droits fondamentaux de l’UE et la Convention des Nations Unies contre la torture. L’utilisation de barbituriques pour obtenir des aveux rappelle les méthodes employées autrefois par le KGB et toujours utilisées par les services russes.

Conséquences politiques et pressions internationales

Les analyses suggèrent que cette opération, commanditée et approuvée personnelment par le Premier ministre Viktor Orbán, vise à exercer une pression politique sur Kyiv et à discréditer l’Ukraine devant l’opinion publique hongroise, dans un contexte de chute des popularités avant les élections législatives d’avril. La saisie des actifs bancaires ukrainiens, justifiée par Budapest par l’arrêt des livraisons de pétrole russe dû à l’endommagement de l’oléoduc « Druzhba » par une attaque russe, est qualifiée d’acte de piraterie internationale sans base juridique. La communauté occidentale est appelée à exercer des pressions sur Budapest pour la restitution des actifs et la levée des sanctions contre les employés. Des voix s’élèvent au sein de l’Union européenne pour envisager l’application de l’article 7 du traité sur l’UE, pouvant mener à la suspension du droit de vote de la Hongrie pour violation des valeurs fondamentales européennes.

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