Guerre en Iran : Analyse des conséquences par les experts de la banque Edmond de Rothschild.

Guerre en Iran : Analyse des conséquences par les experts de la banque Edmond de Rothschild.

07.04.2026 14:56
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Alors que l’inflation énergétique reste sous pression, ce qui se manifeste par un prix du baril de Brent dépassant les 100 dollars, la Réserve fédérale (Fed), la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d’Angleterre sont confrontées à la nécessité d’agir dans un contexte jugé « volcanique ». Toutefois, comme le souligne Nicolas Bickel, Group Head of Investment chez Edmond de Rothschild, une réaction hâtive ou excessive semble improbable, étant donné la précarité d’une dette mondiale à des niveaux record, dont la viabilité repose sur la stabilisation des taux d’intérêt à des seuils supportables sur la durée, rapporte TopTribune.

Dans ce cadre de « passivité contrainte », les banques centrales semblent dans l’obligation d’adopter une posture attentiste, de peur de compromettre une croissance déjà fragile. Nicolas Bickel indique que ces institutions mettent désormais l’accent sur « l’évolution de l’inflation sous-jacente, qui exclut les fluctuations des prix énergétique », facilitant ainsi leur mission dans un contexte où les coûts énergétiques explosent. Il met également en avant divers éléments tels que « la faiblesse du marché de l’emploi, l’absence de surchauffe de la demande pétrolière, le léger ralentissement économique et le lourd fardeau d’endettement qui interdisent un resserrement monétaire brusque. » Les investisseurs anticipent désormais que le cycle d’assouplissement monétaire pourrait ne pas se relancer avant l’été 2027, le regain d’incertitudes lié au marché pétrolier freinant toute perspective de détente.

Des marchés sans sécurité.

Cette immobilité monétaire laisse les indices boursiers dans une situation précaire. Darius Bakhtari, analyste chez Edmond de Rothschild, rappelle que les marchés financiers redoutent plus l’absence de visibilité qu’un conflit ouvert. À la fin mars, Wall Street est entré en correction, avec le Nasdaq accusant un recul de 13 % par rapport à ses sommets de janvier. Ce climat de méfiance indique une rupture, tant les incertitudes autour de Donald Trump semblent saper la confiance des investisseurs en raison de ses manigances erratiques. Les analystes du Financial Times ont d’ailleurs décrit cette situation par l’acronyme « TACO » (Trump Always Chickens Out) : une approche consistant à semer la panique par des menaces exacerbées avant de faire marche arrière. Pour Ramon de Oliveira, ancien dirigeant de J.P. Morgan, la crainte d’une sévère stagflation se profile, où les obligations perdent leur rôle de stabilisateur. Bakhtari préconise ainsi aux investisseurs d’adopter une stratégie ciblée vers des secteurs défensifs (comme les biens de consommation, la santé et les télécommunications), tout espoir de reprise pérenne étant conditionné à une issue diplomatique favorable.

L’or comme ultime refuge ?

Dans un contexte boursier chaotique, la question de l’or devient cruciale pour les épargnants. Bien que la croyance générale soit que le métal précieux offre protection en temps de guerre, ses performances récentes soulèvent des interrogations. À la fin janvier, le prix de l’or avait frôlé les 5 600 dollars, mais a brutalement chuté avec le début des hostilités. Le 23 mars, le prix de l’once a plongé sous les 4 150 dollars, représentant une chute de 13 % depuis le début du conflit en Iran. Cette déconnexion apparente peut être attribuée à un « effet de ciseau » technique : d’une part, la hausse du dollar a rendu l’or plus coûteux pour les acheteurs étrangers, tandis que la chute des marchés boursiers a contraint les grands fonds à liquider une partie de leurs avoirs en or pour couvrir leurs pertes dans les actions.

Néanmoins, cette liquidation ne remet pas en question les principes fondamentaux relatifs à l’or. Selon Guilhem Savry, responsable de l’analyse stratégique chez Edmond de Rothschild, « l’or demeure un actif précieux dans une optique de diversification des portefeuilles, face à l’incessante montée des risques géopolitiques. » L’expert note que la véritable valeur de cet actif réside dans sa capacité à se dissocier des marchés, particulièrement en période de crise, lorsque la panique de vente s’effacera.

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