Grève de la faim à Vendin-le-Vieil : des détenus dénoncent des conditions de détention inhumaines

Grève de la faim à Vendin-le-Vieil : des détenus dénoncent des conditions de détention inhumaines

05.09.2025 07:53
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Grève de la faim à la prison de Vendin-le-Vieil : des détenus dénoncent des conditions inhumaines

À Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), plusieurs dizaines de détenus du quartier de haute sécurité ont entamé une grève de la faim depuis le 1er septembre pour dénoncer des conditions de détention qu’ils jugent inhumaines, en particulier les modalités de visite. Le ministère de la Justice a confirmé qu’ »entre 20 et 30 détenus » de la prison avaient refusé les repas, rapporte TopTribune.

Dans un communiqué signé par le « super cartel de Vendin-le-Vieil », un terme qualifié de « lunaire » par le porte-parole du ministère, les détenus affirment que « nos familles paient le prix fort ». Ils critiquent un système de visites qu’ils estiment conçu pour « casser psychologiquement » tant les prisonniers que leurs proches.

« Une action collective d’ampleur »

Me Christine d’Arrigo, avocate de plusieurs détenus, a déclaré que ceux-ci ont déposé la nourriture en leur possession devant leurs cellules, en plus de refuser les repas. Elle a exprimé sa profonde inquiétude face à « une action collective d’ampleur ».

Le centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil héberge certains des profils les plus dangereux du pays, avec des infrastructures conçues pour garantir un isolement total grâce à des murs de plus de dix mètres de haut, des doubles enceintes, des miradors, des systèmes anti-drones, ainsi que des brouilleurs de communications. La prison devrait accueillir d’ici la mi-octobre environ une centaine de détenus liés au narcotrafic.

Mohamed Amra, Salah Abdeslam, Redoine Faïd

Les grévistes contestent ce niveau d’isolement. La semaine précédente, un mouvement avait déjà eu lieu, comportant des tentatives d’inondation des cellules. Le communiqué met en lumière l’utilisation de l’ »hygiaphone », une vitre séparant les prisonniers et les visiteurs, empêchant tout contact physique sous prétexte de limiter l’introduction d’objets illicites. Les prisonniers critiquent également la limitation stricte des heures d’appel téléphonique et l’accueil des familles « par des agents cagoulés censés impressionner ».

Occupant une superficie de 25 000 m², la prison regroupe certains des détenus les plus surveillés de France, tels que Salah Abdeslam, survivant des attentats du 13 novembre 2015, et le récidiviste multirécidiviste Rédoine Faïd. On y trouve également des membres de groupes de trafiquants de drogue marseillais, ainsi que Mohamed Amra, alias « la Mouche », lié à une évasion sanglante en mai 2024 qui a causé la mort de deux agents pénitentiaires.

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