
Alors que l’année 2026 débute, le chèque demeure un moyen de paiement en usage, même si son avenir semble compromis avec l’essor de la numérisation des transactions financières. Apprécié pour gérer des montants importants, il est également la cible favorite des fraudeurs, malgré l’adoption d’une législation renforcée suite à la loi Labaronne de novembre 2025 et la loi du 6 novembre 2025. Les banques sont ainsi exhortées à redoubler de vigilance face à l’évolution des techniques de délinquance financière, rapporte TopTribune.
Fraude et chèques : techniques et statistiques
En 2024, le montant de la fraude lié aux chèques s’élevait à 69 euros pour 100 000 euros de paiements, avec près de 90 % de ces fraudes résultantes de chèques perdus ou dérobés. Les fraudeurs emploient des techniques avancées telles que l’usurpation d’identité et la falsification de chèques grâce à des logiciels de retouche d’image et des imprimantes de haute définition. De plus, certains réseaux profitent du vol de courriers pour intercepter et modifier des chèques.
Ces techniques font du chèque un outil attrayant pour les escrocs : il permet généralement de traiter des sommes supérieures aux plafonds des cartes de paiement et présente des délais de traitement qu’ils savent exploiter. Bien que l’utilisation des paiements sans contact soit en augmentation, de nombreux particuliers, artisans et associations continuent de privilégier le chèque pour des montants élevés ou des transactions nécessitant une traçabilité différée.
Réglementations récentes et dispositifs anti-fraude
Des réglementations récentes, à l’instar de la loi Labaronne et de la directive du 6 novembre 2025, imposent désormais aux établissements bancaires de vérifier la concordance entre le nom figurant sur le RIB (relevé d’identité bancaire) et celui du titulaire du compte. À partir de mai 2026, le FNC-RF sera enrichi pour mieux détecter les transactions inhabituelles de grande valeur.
Ces mesures visent à réduire les délais de traitement et à imposer aux institutions financières une safety des transactions renforcée. Cependant, elles ne suffisent pas à éliminer tous les risques, d’où l’importance d’une vigilance individuelle pour prévenir les actes de fraude.
Se prémunir : gestes simples et nouvelles technologies
Pour atténuer le risque de fraude, il est crucial pour les émetteurs de chèques d’adopter des pratiques sécurisées. Cela inclut la vérification de l’identité du bénéficiaire à l’aide d’informations vérifiables, telles que le numéro SIRET pour les professionnels. Il est également conseillé d’utiliser un stylo à bille à encre indélébile et d’écrire de manière fluide pour assurer une inscription claire. De plus, toute zone vide sur le chèque devrait être comblée par des traits horizontaux après le nom du bénéficiaire et le montant, comme mentionné par certains médias.
Le talon de contrôle électronique, une innovation récente, facilite le suivi numérique des chèques émis via les applications bancaires. Ce système compare automatiquement le montant et le numéro du chèque enregistré à ceux du chèque présenté, signalant ainsi tout chèque non déclaré comme suspect.
L’envoi postal demeure une des principales sources de fraude : plus de 90 % des détournements de chèques se produisent durant le transit. Il est donc recommandé de privilégier la remise en main propre. Lorsque cela n’est pas envisageable, le virement bancaire sécurisé est la meilleure option pour éviter toute interception en cours d’acheminement.