Le 8 septembre 2025, François Bayrou a marqué l’histoire en devenant le premier Premier ministre à échouer à obtenir la confiance de l’Assemblée nationale. En conséquence, il remettra sa démission au président de la République le 9 septembre, ainsi que celle de son gouvernement, rapporte TopTribune.
Durant ses neuf mois à Matignon, le maire de Pau a réussi à faire adopter le budget 2025, qui avait été à l’origine de la chute de Michel Barnier, mais il a également été confronté à de nombreuses difficultés.
Conseil municipal à Pau plutôt que Mayotte
« Pau, c’est en France », a déclaré Bayrou, qui, à peine nommé le 13 décembre, a choisi de rejoindre sa ville natale au lieu de gérer la crise provoquée par un ouragan à Mayotte. Par la suite, deux projets de loi pour la reconstruction de l’archipel seront approuvés.
L’adoption du budget 2025
Le projet de budget pour 2025 a été finalement adopté le 14 février après une restriction des dépenses publiques nécessitée par la censure de Michel Barnier. Toutefois, la dette publique demeure élevée, atteignant près de 114 % du produit intérieur brut (PIB), contre 57,8 % en 1995.
Bayrou a constamment mis en garde contre le « piège mortel » de la situation des finances publiques françaises.
Le fiasco du « conclave » sur les retraites
L’adoption du budget a été facilitée par la « non-censure » des députés socialistes, à qui Bayrou a promis des concertations sur les retraites « sans tabou ». Cependant, il a conditionné ces discussions à l’équilibre du système de retraite d’ici 2030, tout en excluant le retour à un âge de départ à 62 ans. Après plusieurs reports, les concertations ont échoué, bien que Bayrou y voie des « avancées » qu’il souhaite inclure dans la loi.
La « submersion » migratoire
Tout en négociant une non-censure avec les socialistes, Bayrou a évoqué lors d’une interview sur LCI un sentiment de « submersion » migratoire dans certaines villes, suscitant la colère de la gauche, certains y voyant un clin d’œil au Rassemblement national. Ce fut la première d’une série de tensions avec les socialistes, qui ont rapidement décidé de faire tomber son gouvernement à la fin août.
L’affaire Bétharram
Une affaire de violences physiques et sexuelles survenues au collège-lycée Notre-Dame de Bétharram, où ses enfants ont été scolarisés, affecte personnellement Bayrou. Il dénonce un « tribunal politique » et une période « humainement très difficile » pour sa famille, rejetant toute accusation de déni collectif.
La loi Duplomb
Dans un contexte de tensions politiques, la proposition de loi pour lutter contre le narcotrafic a été adoptée le 29 avril, un rare succès pour l’exécutif. Parallèlement, la loi Duplomb, visant à lever les obstacles au développement de l’agriculture, a été adoptée en juillet, mais a suscité une vaste protestation, avec plus de 2,1 millions de signatures demandant son abrogation, et a été partiellement censurée par le Conseil constitutionnel.
Au total, Bayrou a fait adopter une soixantaine de textes par le Parlement en 2025.
La défiance des députés
Dans un « moment décisif », Bayrou a annoncé, le 25 août, qu’il demanderait la confiance de l’Assemblée nationale le 8 septembre, ce qui a été accueilli avec méfiance par les oppositions, notamment de gauche et du RN, qui ont refusé de voter sa confiance.
Sa décision a été surprise pour ses ministres, qui ont eu le sentiment d’être « jetés sous un train », alimentant des appels à bloquer la France le 10 septembre. Un membre de son cabinet l’avait mis en garde contre le scénario d’un Premier ministre résolu à « mourir sur scène », à la manière de Pierre Mendès-France, qui n’avait tenu que huit mois à Matignon.