
La page industrielle du fabricant français de compas, gommes et ciseaux tire sa révérence. Établie à Argonay, en Haute-Savoie, la dernière unité de production locale cessera d’opérer d’ici mai 2026. Cette décision impacte directement 28 employés, mais revêt une signification plus large, marquant la fin d’une production nationale pour une marque qui a bercé de nombreuses générations scolaires, rapporte TopTribune.
Maped redéploie sa production : une stratégie de compétitivité
Fondée en 1947, l’entreprise savoyarde avait maintenu une partie de sa production en France malgré une forte tendance à la mondialisation. Cependant, la direction a annoncé que la viabilité de l’activité industrielle locale n’était plus économiquement tenable.
Dans des interviews accordées à des médias spécialisés, l’entreprise a évoqué de nombreuses années de tentatives d’adaptation pour conserver le site, mais n’a pas réussi à atteindre un niveau de rentabilité satisfaisant. « Après plusieurs années d’efforts et d’adaptations pour maintenir l’activité du site », rapporte L’Usine Nouvelle, la décision de cesser la production est finalement devenue inévitable.
La direction indique qu’au cours des huit dernières années, le volume de certaines fabrications phares, telles que les gommes, a chuté de 40%, atteignant un niveau critique en 2025. Face à un marché extrêmement compétitif dominé par des producteurs asiatiques capables de produire à grande échelle et à moindre coût, la situation est devenue insoutenable.
La nouvelle stratégie mise sur un approvisionnement par le biais de partenaires industriels en Asie, qui sont déjà intégrés dans le modèle d’affaires du groupe. Toutefois, le siège, la conception des produits, le design et une partie des fonctions support resteront en Haute-Savoie.
28 emplois touchés, accompagnement prévu
Le site d’Argonay représente 28 postes sur un total d’environ 200 employés que compte Maped en France. Comme rapporté par BFMTV, « le site emploie 28 des quelque 200 salariés du groupe en France ».
Un processus d’information et de consultation a été lancé avec les représentants du personnel. Plusieurs pistes sont à l’étude : mobilité interne pour certains employés, reclassement et dispositifs d’accompagnement renforcés pour les autres.
La direction assure qu’elle désire traiter cette situation avec soin. Selon les médias locaux, elle a exprimé son intention de « prendre en charge chaque collaborateur concerné avec sérieux et respect ».
Pour la région, l’impact est modeste en termes de volume, mais symboliquement très fort. Argonay perd un site industriel emblématique, actif depuis près de huit décennies.
Quel impact sur les prix des fournitures scolaires ?
La fermeture ne signifie pas la disparition de la marque des rayons des magasins. Les compas, gommes et ciseaux continueront d’être disponibles à la vente. Cependant, cela remet en question le « Made in France » pour cette gamme de produits.
Théoriquement, le délocalisation vers des zones de production moins coûteuses pourrait participer à stabiliser les prix. Les fournitures scolaires sont un segment de marché particulièrement sensible aux prix, surtout à l’approche de la rentrée. Les distributeurs exercent une pression constante sur les fabricants pour offrir des packs à des prix compétitifs.
Cependant, d’autres éléments doivent être pris en compte : coûts logistiques, variations monétaires, normes environnementales et exigences croissantes en matière de traçabilité. Une production éloignée implique des chaînes d’approvisionnement plus longues, donc potentiellement plus vulnérables aux tensions géopolitiques.
Pour le consommateur, il existe deux scénarios possibles :
- une stabilisation des prix si les gains en production compensent les coûts logistiques ;
- ou, à moyen terme, une hausse modérée si les frais de transport ou les contraintes réglementaires augmentent.
Pour l’instant, l’entreprise n’a pas annoncé de changement de prix.
Un symbole du déclin industriel dans les biens du quotidien
La fermeture d’Argonay s’inscrit dans un contexte plus large où la capacité à maintenir des activités manufacturières en France dans des secteurs à faible valeur ajoutée est remise en question. Les fournitures scolaires, vendues à quelques euros, peinent à absorber les coûts de production élevés.
Pour les consommateurs soucieux de l’origine des produits, la disparition d’une fabrication locale soulève la question de la volonté de payer plus pour soutenir la production nationale. Néanmoins, dans un contexte où le pouvoir d’achat est limité, beaucoup d’acheteurs privilégient souvent le prix.
Cependant, la marque conserve un fort ancrage territorial à travers ses fonctions de conception et de gestion stratégique. L’innovation produit, le design et le marketing continueront d’être conduits depuis la Haute-Savoie, permettant au groupe de maintenir une part de sa valeur ajoutée en France.