Le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, a annoncé ce vendredi sa candidature aux municipales de mars à Saint-Amand-les-Eaux, dans le Nord. Âgé de 56 ans et maire de la commune depuis un an, il a communiqué sa décision par une lettre aux habitants de la ville thermale, rapporte TopTribune.
Dans sa lettre, Roussel exprime son ambition de « cultiver le vivre ensemble tout en veillant à la sécurité », en mettant l’accent sur la vidéosurveillance et la stabilité de la fiscalité locale. Cependant, une défaite électorale pourrait gravement compromettre ses aspirations nationales, d’autant plus qu’il a déjà subi un revers marqué par la perte de son siège de député en 2024, battu dès le premier tour par un candidat du Rassemblement national.
Accusations de « remplacement illégitime »
Son comité de soutien est dirigé par l’ancien maire communiste Alain Bocquet, qui lui avait transmis son poste en janvier 2025 après trois décennies à la tête de cette ville de 16 000 habitants, située près de Valenciennes. Cette succession avait été fortement contestée à l’époque par Eric Renaud, un ancien adjoint de Bocquet, qui avait dénoncé un « remplacement illégitime ».
Eric Renaud se présente aujourd’hui à nouveau pour la mairie avec une liste qu’il qualifie de « large rassemblement ». Roussel devra également faire face à Eric Castelain, un conseiller municipal d’opposition soutenu par le RN, qui offre une liste qualifiée de « transpartisane ». Lors des élections municipales de 2020, Renaud avait obtenu 28,79 % des voix contre 50,96 % pour Alain Bocquet, réélu dès le premier tour, tandis que Castelain, auparavant sans étiquette RN, avait recueilli 8,53 %.
Roussel accusé d’être « une pièce rapportée »
Renaud, qui affirme n’avoir « pas perdu [ses] valeurs communistes », déclare que « c’est la première fois en trente ans que les jeux sont ouverts » dans une ville qui a longtemps été sous le contrôle d’Alain Bocquet. Il décrit Roussel comme « une pièce rapportée », suggérant qu’il pourrait rencontrer une « forme de rejet » de la part des habitants locaux.
De son côté, Eric Castelain estime que « les planètes sont alignées », prétendant être le seul candidat de droite face à deux listes de gauche. Selon lui, Saint-Amand-les-Eaux « n’est pas une ville communiste » et l’absence du maire historique pourrait modifier la dynamique des élections. Roussel, député de la circonscription de 2017 à 2024, a été l’une des principales victimes de la dissolution de l’Assemblée nationale dans un territoire ouvrier du Nord qui a été communiste sans interruption depuis 1962.