Eric Ciotti lance une commission d'enquête sur l'audiovisuel public à l'Assemblée nationale

Eric Ciotti lance une commission d’enquête sur l’audiovisuel public à l’Assemblée nationale

27.11.2025 06:47
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La commission d’enquête consacrée à « la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public » a été inaugurée mardi à l’Assemblée nationale, avec l’audition de Martin Ajdari, président de l’Arcom. Cette initiative a été lancée par Eric Ciotti (Union des droites pour la République) en réponse aux critiques sur des journalistes comme Thomas Legrand et Patrick Cohen, accusés de partialité en faveur du PS. Le contexte économique actuel de Radio France et France Télévisions soulève des préoccupations, certains parlementaires percevant cette démarche comme une manœuvre politicienne visant à affaiblir le secteur pour en justifier la privatisation, rapporte TopTribune.

Critiques sur la partialité

France Télévisions et Radio France sont régulièrement accusées de manquer d’impartialité par le Rassemblement national (RN). Marine Le Pen a souligné que « des milliards » ne devraient pas être dépensés pour un service public qu’elle qualifie de « partisan ». Dans son programme, le RN propose la privatisation de l’audiovisuel public, qu’il décrit comme un « bastion idéologique financé par les impôts des Français ». Charles Alloncle, rapporteur UDR, a évoqué des « atteintes à la transparence » dans l’audiovisuel public, citant des exemples controversés d’interprétation de l’info par France Inter et des comparaisons inappropriées à l’antenne.

Les tensions sont palpables, avec l’entourage d’Eric Ciotti insistant sur le besoin de « sortir les cadavres du placard » du service public. Cette pression vise à faire éclater au grand jour des abus supposés au sein des institutions audiovisuelles.

Inquiétudes d’une instrumentalisation politique

Les députés de l’opposition, notamment ceux de gauche et du centre, craignent une manipulation politique à travers cette commission. Erwan Balanant (MoDem) exprime ses inquiétudes quant à l’intention de dénigrer l’audiovisuel public, ce qu’il considère comme une menace pour la démocratie. De son côté, Céline Calvez (Horizons) questionne la légitimité de cette commission et pointe des motivations cachées suggérant un projet de privatisation.

Auditions tendues

Le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, a affirmé son intention de créer un cadre non partisan lors des auditions. Cependant, les discussions avec Martin Ajdari ont révélé des divergences significatives sur la manière dont sont traitées certaines chaînes privées telles que CNews. Il a été noté que la dernière sanction à l’encontre d’un média public date d’il y a quinze ans, ce qui soulève des questions sur l’équité des sanctions dans le paysage médiatique.

Aurélien Saintoul (LFI) évoque un échange de bons procédés entre les empires médiatiques de l’extrême droite et les accusations de manque de partialité vis-à-vis d’un service public qu’il considère menacé par la privatisation. Le conflit actuel entre l’audiovisuel public et les médias privés, soutenus par des intérêts conservateurs, s’intensifie. En réponse aux accusations, France Télévisions et Radio France ont intenté des actions en justice pour « dénigrement » contre ces médias.

Enfin, Charles Alloncle s’est déclaré comme un « enfant de la télé », proclamant son attachement personnel à l’audiovisuel public, qu’il estime essentiel à son engagement politique. Ce jeudi, il prévoit de visionner un épisode de « Complément d’Enquête », qui sera consacré à la couverture médiatique actuelle.

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