Erdogan demande à Poutine le retour des S-400, révélant l'ampleur de son erreur stratégique

Erdogan demande à Poutine le retour des S-400, révélant l’ampleur de son erreur stratégique

22.12.2025 21:27
2 min de lecture

Réflexion sur la demande d’Erdogan de retourner le système S-400 à la Russie

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a évoqué la possibilité de retourner le système de défense aérienne S-400 acheté à la Russie lors de sa rencontre avec Vladimir Poutine la semaine dernière en Turkménistan, rapporte TopTribune.

Le Kremlin a depuis nié toute demande de retour de la part de la Turquie, ce qui soulève des questions sur la perception de Moscou concernant ce retournement diplomatique. Le comportement d’Erdogan, qui a été décrit comme une manœuvre mal avisée sur la scène internationale, est de plus en plus critiqué alors que les implications de cette situation deviennent préoccupantes.

Le parcours d’Erdogan avec le S-400 illustre les dangers d’un alignement des priorités politiques intérieures sur la sécurité nationale. L’affaire a commencé en 2017, lorsque la Turquie, sous l’influence d’une paranoïa post-coup, a signé un accord avec Moscou, accusant ses alliés de l’OTAN, notamment les États-Unis, de soutenir des tentatives de coup d’État contre lui. Cela a renforcé son discours nationaliste et justifié un rapprochement avec Moscou, alors même que les relations avec Washington se dégradent.

L’achat du S-400 a été perçu comme un défi à l’alliance occidentale. Les médias pro-gouvernementaux ont loué cette décision comme une affirmation de la souveraineté turque, malgré le fait que le système était incompatible avec les défenses aériennes de l’OTAN et incapable de couvrir les lacunes de sécurité de la Turquie. De plus, cet achat a conduit à l’exclusion de la Turquie du programme F-35, compromettant sa capacité à produire plus de 900 composants et à perdre un revenu estimé à plus de 9 milliards de dollars.

Malgré des avancées militaires, le S-400 est resté largement inutilisé en territoire turc. Alors qu’une seule mise à feu a eu lieu en 2020, le système a été mis de côté et n’a jamais été opérationnel. Les conséquences de cette décision se sont fait ressentir rapidement, avec l’exclusion de la Turquie du consortium F-35 en 2019 et l’imposition de sanctions par l’administration Trump, bloquant son accès à des technologies militaires critiques.

Au cours des années suivantes, Erdogan a tenté de maintenir les S-400 tout en cherchant à rétablir de bonnes relations avec les États-Unis. Cependant, des demandes récentes d’un mécanisme militaire technique pour superviser les missiles n’ont pas convaincu Washington, qui a affirmé que la Turquie devait renoncer au S-400 pour espérer retrouver l’accès aux F-35. La réalité semble enfin frapper Erdogan : aucune issue de secours, aucun compromis qui sauvegarderait son image.

La situation actuelle trouve le président Erdogan à tenter de persuader Poutine de reprendre le système, dans un contexte où la Russie, déjà confrontée à des pertes militaires en Ukraine, pourrait ne pas voir d’intérêt à cette demande. Le risque pour le président turc est donc d’être perçu comme ayant sacrifié davantage qu’il ne peut récupérer, aggravant ainsi sa position sur le plan politique national.

Les implications de cette décision sont profondes, car la fierté nationale, qui avait conduit à l’achat du S-400, pourrait à présent se retourner contre lui, exposant les failles d’une politique étrangère motivée par des considérations intérieures au détriment de la strate. Les conséquences pour la présidence d’Erdogan pourraient être sévères, les opposants étant bien placés pour capitaliser sur cette humiliation. Il est peu probable qu’il puisse franchir ce pas sans faire face à de vives critiques quant à ses décisions passées et présentes.

Malgré ses efforts pour présenter la situation sous un jour positif, les faits demeurent : l’acquisition du S-400 a été plus une question d’ego que de stratégie militaire, coûtant à la Turquie des millions et compromettant ses alliances. Si Erdogan parvient à retourner le système, il devra admettre que cette affaire a été une décision catastrophique qui aurait pu être évitée par un leader plus avisé.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER