Une tête de porc devant le domicile de Christian Estrosi : une enquête qui trouble la campagne municipale à Nice
A quelques jours du premier tour du scrutin local, la découverte d’une tête de porc devant le domicile de l’élu briguant un quatrième mandat a suscité des réactions vives et une enquête judiciaire, rapporte TopTribune.
Le maire sortant de Nice, Christian Estrosi, a dénoncé une machination dans une conférence de presse tenue le 12 mars, déclarant : « Je suis victime d’une machination telle que je n’en ai jamais connu dans ma vie publique. » Cette déclaration fait suite à la découverte, près de deux semaines auparavant, d’une tête de porc accompagnée d’une étoile de David dessinée et d’un mot d’insulte. Estrosi a précisé vouloir « tordre le cou à la rumeur » concernant toute implication de sa part dans des manipulations politiques, en pleine campagne électorale face à son ancien allié, désormais rival, Eric Ciotti.
Ce scandale a été déclenché le 27 février, lorsque la tête de porc a été retrouvée devant le domicile d’Estrosi, accompagné d’une affiche insultante avec une étoile de David. « Tout ce que je combats depuis toujours dans ma ville frappe aujourd’hui à ma porte », a-t-il réagi sur les réseaux sociaux, dénonçant cet acte. Le parquet a immédiatement ouvert une enquête pour « menaces et outrage envers une personne dépositaire de l’autorité publique » et « provocation à la haine en raison de la religion. »
La classe politique a unanimement condamné cet acte, y compris Eric Ciotti, malgré leur rivalité lors des élections municipales. Les tensions sont exacerbées par des accusations de fraude, des rumeurs et des signalements judiciaires dans un contexte de lutte pour le pouvoir municipal, alors qu’un sondage avait récemment placé Ciotti en tête des intentions de vote.
En moins d’une semaine après l’incident, deux suspects tunisiens ont été interpellés et mis en examen, dont l’un est un local de Nice. Le premier, né en 1988, s’est présenté comme titulaire d’un doctorat en informatique et a un passé judiciaire pour vol en réunion. Le second, en situation irrégulière, a des antécédents criminels liés aux stupéfiants. Les deux contestent leurs implications directes dans l’incident.
Une première fuite de l’enquête a révélé que l’un des suspects aurait des liens avec l’équipe de campagne d’Estrosi, ce que l’élu a immédiatement dénoncé comme une tentative d’infiltration de sa campagne. « L’un des mis en cause a tenté d’infiltrer mon entourage et de s’immiscer au sein de mon équipe de campagne », a-t-il déploré.
Lors d’un débat sur BFMTV, Estrosi a insinué la responsabilité de son rival et d’autres figures politiques de droite, notamment l’homme d’affaires Pierre-Edouard Stérin, qu’il a accusé d’alimenter le climat de haine et de xénophobie. Ce dernier a traité ces accusations de « calomnie pure » et a annoncé son intention de porter plainte.
Dans le cadre de l’enquête, deux hommes et deux femmes, tous de nationalité française, ont été entendus. Les deux femmes ont été rapidement libérées tandis que les deux hommes restent en garde à vue. L’un d’eux, un ancien policier de la DST, est au centre de l’attention, ayant des liens avec des milieux d’extrême droite et un passé professionnel controversé.
Les enquêteurs continuent d’examiner son rôle dans cette affaire, déterminés à établir s’il y a eu manipulation de part et d’autre. Le camp d’Estrosi rejette les accusations d’implication, dénonçant des rumeurs nuisant à sa campagne. Christian Estrosi dit vouloir connaître la vérité complète de cette affaire.