En France, la montée d’une propagande prorusse structurée inquiète les observateurs
En France, la montée d’une propagande prorusse structurée inquiète les observateurs

En France, la montée d’une propagande prorusse structurée inquiète les observateurs

04.12.2025 11:45
2 min de lecture

Un réseau de faux médias locaux diffusant des narratifs pro-Kremlin

Le 3 décembre 2025Euronews a révélé qu’un ensemble de sites se faisant passer pour des médias français induisent en erreur les internautes en diffusant des contenus manipulés dans le cadre d’une vaste campagne prorusse. Selon les éléments rapportés dans l’expression analyse publiée par Euronews (analyse publiée par Euronews), les chercheurs de Recorded Future ont identifié au moins 200 nouveaux sites fictifs créés entre janvier et septembre et recensé 141 plateformes imitant la presse hexagonale.
Ces réseaux sont associés à l’opération russe « Storm-1516 », également connue sous le nom de « Doppelgänger », qui utilise montages photo et vidéo, contenus dopés à l’intelligence artificielle et faux portails d’information. Les analystes estiment que le dispositif est probablement piloté par John Mark Dougan, ancien adjoint de shérif en Floride installé à Moscou depuis 2016, considéré comme l’une des figures clés des campagnes de désinformation pro-Kremlin en Europe.

Des techniques de manipulation qui exploitent le paysage médiatique français

De nombreux sites imitent l’apparence des médias français et s’appuient sur de véritables événements, qu’ils exagèrent ou déforment afin de discréditer Emmanuel Macron et l’appareil d’État. Selon Vincent Berthier, responsable du pôle technologies et journalisme de Reporters sans frontières, cette stratégie s’inscrit dans une logique classique d’opérations d’influence : copier les codes des médias établis, recycler des articles existants en y insérant des narratifs prorusses ou réécrire les contenus de manière à dramatiser les sujets.
L’organisation a analysé en novembre 85 faux médias encore actifs, publiant depuis février 4 000 articles, dont plus de 5 000 depuis la fin octobre, preuve d’une accélération notable. Cette production massive, nourrie par l’IA, rend les récits manipulés plus difficiles à détecter et contribue à brouiller la frontière entre information authentique et contenus falsifiés.

Une stratégie russe visant à fragiliser la confiance publique avant les échéances électorales

Les actions de Moscou en France s’inscrivent dans une campagne globale menée depuis le début de la guerre contre l’Ukraine pour affaiblir la solidarité européenne. En diffusant des récits hostiles à l’aide apportée à Kyiv et en amplifiant les doutes autour des sanctions, la Russie cherche à influencer l’opinion publique française à l’approche des élections municipales de 2026. Plus le scrutin se rapproche, plus l’activité des plateformes fictives s’intensifie.
Cette offensive repose sur la création d’un maillage de sites, combiné à des cyberopérations et à l’utilisation d’algorithmes génératifs. Elle vise à donner l’illusion d’une pluralité de sources locales crédibles et à contourner les réflexes critiques des lecteurs. En se présentant comme des médias de proximité, ces portails parviennent à ancrer dans le débat public des contenus trompeurs évoquant corruption, chaos ou effondrement institutionnel, tout en valorisant l’image du Kremlin.
Pour les pays européens, la situation française illustre la nécessité de moderniser les outils de sécurité informationnelle, de renforcer la détection rapide de la désinformation et d’instaurer une responsabilité juridique et technologique des opérateurs de ces campagnes. Le développement de la littératie médiatique devient également central pour préserver la résilience démocratique face aux ingérences étrangères.

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