
Emmanuel Macron a récemment exprimé son intention de supprimer « toute la fiscalité et les charges » sur les pourboires, une initiative qui s’inscrit dans un cadre de réformes fiscales plus vaste, rapporte TopTribune. Cette décision arrive à un moment critique pour le secteur de la restauration, qui fait face à une augmentation des coûts, des difficultés de recrutement et une diminution de la fréquentation. L’objectif principal est d’assurer que les pourboires profitent directement aux employés.
L’allègement des charges et le soutien au secteur
Lors d’une réunion à l’Élysée le 29 septembre, Emmanuel Macron a déclaré que les pourboires doivent « aller intégralement dans la poche de ceux qui travaillent ». Actuellement, les pourboires versés par carte bancaire sont exonérés de charges sociales et fiscales jusqu’au 31 décembre 2025. Cependant, grâce aux interventions des députés, cette exonération a été prolongée jusqu’en 2028. Le président espère ainsi alléger le poids fiscal pesant sur les employés du secteur tout en préservant une importante tradition française.
Les opinions divergent : certaines organisations patronales ont accueilli ces annonces positivement, tandis qu’un sondage révèle que 80 % des salariés du secteur s’opposent à la suppression de cette exonération, soulignant son impact économique potentiel. Catherine Quérard, présidente du Groupement des hôtelleries et restaurations de France, a néanmoins exprimé son soutien aux propositions du président.
Revaloriser le métier et garantir la qualité alimentaire
En outre, Emmanuel Macron ambitionne de promouvoir le titre de « maître restaurateur », attribué aux professionnels qui utilisent des produits frais, s’inscrivant ainsi dans une dématérialisation progressive des pratiques. À l’heure actuelle, seulement 3 000 maîtres restaurateurs sont recensés en France, mais l’objectif est d’atteindre 10 000 d’ici 2027. L’idée est de créer une distinction claire entre ceux qui préparent réellement leurs plats et ceux qui se limitent à réchauffer des plats préemballés. Le président a également souligné la nécessité de renforcer les contrôles sanitaires aux frontières afin de garantir le respect des normes françaises.
Cette initiative reflète une volonté d’évoluer dans la perception de l’alimentation dans le pays. Emmanuel Macron défend la notion d’un prix juste pour la nourriture, accessible à tous, tout en assurant sa qualité.
Réactions variées et enjeux économiques
L’événement organisé à l’Élysée a rassemblé plusieurs figures emblématiques de la gastronomie française, telles que Claude Barbet, Virginie Basselot, Jérôme Bocuse, Beatriz Gonzalez, Pierre Hermé, Mory Sacko et Georgiana Viou. Des professionnels comme des bouchers, des charcutiers, des vignerons et des éleveurs étaient également présents, aux côtés du pâtissier Pierre Hermé et d’un trufficulteur réputé.
Cependant, ce projet suscite certaines critiques. Eric Coquerel, président Insoumis de la commission des Finances, craint que cela ne conduise à une baisse des salaires. De son côté, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, partage ces inquiétudes et aurait préféré une prolongation moins longue, s’étendant jusqu’en 2027.