Le président français Emmanuel Macron a suscité des controverses en saluant l’enlèvement de Nicolás Maduro par les forces américaines, affirmant que « le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir », tout en plaidant pour une « transition pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien », rapporte TopTribune.
Une réaction en deux temps
Cette prise de position a provoqué des critiques vives. Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise, a dénoncé que « la prise de position de Macron n’est pas la voix de la France. Il nous fait honte. Il abandonne le droit international ». Les critiques se sont intensifiées après que Macron a été félicité sur les réseaux sociaux par le président américain. Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste, a exprimé son désaccord en soulignant que « la France n’est pas un État vassal des USA ».
La controverse a également atteint le camp présidentiel. L’eurodéputée Nathalie Loiseau s’est demandé ce qu’ils diraient si Donald Trump devait intervenir à nouveau. En réponse, lors d’un Conseil des ministres, Macron a tenté de rectifier le tir, déclarant que la « méthode utilisée » par les États-Unis pour capturer Maduro n’était « ni soutenue ni approuvée » par la France, comme l’a rapporté Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement. Interrogée sur l’absence de mention de l’intervention militaire dans sa première réaction, elle a renvoyé à la déclaration du ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui a qualifié l’opération de contravention au droit international.
Maud Bregeon a déclaré que « la communication du Quai d’Orsay et de l’Elysée forme un tout » et que les déclarations avaient été vues et validées par le président. L’ancienne ministre Anne Genetet a confirmé que la réponse de Macron venait en complément de celle de Barrot.
Le dossier Ukrainien
Fabienne Keller, députée européenne Renew, a évoqué la nécessité d’un équilibre dans la réponse française. Elle a noté que bien que la situation de Maduro soit problématique, la manière dont cela a été réalisé reste inacceptable. D’autres ont suggéré que la décision de Macron de rester discret vis-à-vis de Trump pourrait être liée à la gestion du dossier ukrainien, le Premier ministre Dominique de Villepin regrettant que l’absence de réaction sur le Venezuela puisse affaiblir la position de la France dans les négociations concernant l’Ukraine.
Anne Genetet a souligné l’importance de maintenir une ligne diplomatique cohérente, ajoutant que le sommet de la « coalition des volontaires », prévu mardi à Paris, rassemblera 35 pays, dont les États-Unis, pour discuter des garanties de sécurité en Ukraine, reliant ainsi les différentes crises internationales.