Emmanuel Macron dément la création d’un « label d’Etat » pour les médias
Emmanuel Macron a réfuté mardi 2 décembre vouloir instaurer un « label d’Etat » pour la presse ou un « ministère de la Vérité », en réponse aux accusations des médias Bolloré, ainsi que de la droite et de l’extrême droite qui interprètent ses initiatives contre la désinformation comme une dérive « autoritaire » voire « totalitaire ». Le chef de l’Etat a engagé depuis fin octobre une réflexion pour « sonner le tocsin » sur les risques que les réseaux sociaux font peser, selon lui, sur la démocratie. Au fil des rencontres, il esquisse des pistes de régulation qu’il envisage de concrétiser début 2026, rapportent TopTribune.
Jusqu’à présent, cette réflexion se déroulait de manière discrète. Cependant, le Journal du Dimanche, propriété de Vincent Bolloré, a récemment critiqué Emmanuel Macron en l’accusant de « dérive totalitaire ». L’hebdomadaire s’est notamment opposé à un projet évoqué par le président il y a deux semaines à Arras, qui préconise une « labellisation faite par des professionnels » pour distinguer les sites d’information respectant des règles déontologiques de ceux qui ne le font pas.
Cette accusation a été amplifiée par les médias affiliés à l’homme d’affaires, tels que CNews et Europe 1, où le présentateur vedette Pascal Praud a critiqué un « président mécontent du traitement médiatique qui souhaite imposer un récit unique ». Cela s’inscrit également dans le contexte des critiques d’Emmanuel Macron à l’encontre des « milliardaires » qui contrôlent des médias avec des « finalités d’influence de l’opinion ».
Les attaques ont par la suite été relayées par la droite. « Toucher à la liberté d’expression est une tentation autoritaire, qui correspond à la solitude d’un homme (…) qui a perdu le pouvoir et cherche à le maintenir par le contrôle de l’information », a protesté sur CNews le président du RN Jordan Bardella. De son côté, Bruno Retailleau, le leader des Républicains, a également pris position sur le réseau social X en affirmant « Nul gouvernement n’a à trier les médias ni à dicter la vérité », ajoutant qu’il lance une pétition contre le « projet de labellisation des médias ». Face à ces critiques, l’Elysée a publié lundi un message sur X déplorant que « parler de lutte contre la désinformation suscite la désinformation ».