Lors d’un meeting de La France insoumise à Lyon,
« Il reste encore 200 personnes qui attendent dehors », glisse l’entourage de Jean-Luc Mélenchon. Ce jeudi soir, à la Bourse du travail de Lyon, plus de 2.000 personnes s’étaient rassemblées pour soutenir la candidate aux municipales, Anaïs Belouassa-Cherifi, en présence du leader du mouvement. Les draps recouvrant les sièges ont rapidement été enlevés pour accueillir le public, rapporte TopTribune.
« C’était important pour nous d’être là, de montrer notre soutien dans ce contexte sous haute tension, qu’on ne recule pas », a déclaré Alex, 50 ans, en référence aux menaces de mort visant les candidats LFI, aux saccages de locaux et aux alertes à la bombe depuis la mort de Quentin Deranque. « J’ai failli ne pas venir à cause de ça », a ajouté Danielle, 79 ans, qui a exprimé de l’inquiétude. Brigitte, 68 ans, a également indiqué que plusieurs personnes ont choisi de ne pas se déplacer pour ces mêmes raisons. Cette militante a même reporté une réunion publique, affirmant qu’il était temps de revenir sur le terrain.
« On ne doit pas laisser la peur gagner »
Le meeting était sous « haute surveillance » tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Bien qu’« aucune menace caractérisée » n’avait été détectée avant l’événement, un dispositif renforcé avait été mis en place, comprenant une compagnie de CRS et des effectifs de la police nationale, présents jusqu’à la fin du meeting autour de la Bourse du travail.
« À moins qu’il y ait une bombe à l’intérieur, je ne vois pas comment il pourrait se passer quelque chose », a déclaré Thomas*, 33 ans. Il a ajouté : « On ne doit pas laisser nos peurs nous dicter nos actions, c’est justement ça, le combat contre le fascisme. Et s’il se passe quelque chose, on sera mort en luttant pour des idées antifascistes. »
Le public a chaleureusement scandé « Siamo tutti antifascisti », un slogan historique, avant l’entrée des orateurs. Anaïs Belouassa-Cherifi s’est présentée comme la « candidate de l’antifascisme » après un discours d’ouverture de Florestan Groult, candidat à la métropole de Lyon.
La députée candidate a exposé ses mesures tout en attaquant frontalement Jean-Michel Aulas, qu’elle a qualifié de « coquille vide » et de « pion de la droite et de la macronie agonisante », suscitant des applaudissements mêlés de huées dans la salle.
Les consignes ? « Pas de bagarre »
« C’est cool de voir qu’il y a du monde », a souligné Jean*, 23 ans, venu avec des amis. Pour ce soutien de LFI, « ça donne du courage » de constater « toutes ces forces vives ». « On voulait vraiment être là parce que c’est trop grave ce qu’il se passe depuis la mort du militant nationaliste », ont-ils affirmé, soulignant l’importance de la mobilisation.
Jean-Luc Mélenchon, acclamé à son arrivée sur scène avec des chants de soutien, a ouvert son discours en dénonçant la « déferlante médiatique » dont il se dit victime depuis dix jours, décrivant « menaces, injures et portraits diffamatoires ». Son allocution a été ponctuée d’applaudissements.
Mélenchon a également évoqué le « traquenard » du collectif identitaire Némésis et l’agression mortelle du jeune homme de 23 ans, faisant référence à son soutien à la Jeune Garde qui, selon lui, « n’a jamais voulu la mort de qui que ce soit ». Il a affirmé que ce sont ses partisans qui « meurent sous les coups », rappelant les 12 attentats d’extrême droite survenus depuis 2022.
Entre des moments humoristiques, il a rappelé avoir été lui-même victime de deux tentatives de meurtre, mentionnant qu’il avait « pardonné » un de ses agresseurs pour « remporter la victoire morale des non-violents ». « S’il m’arrive un mauvais sort, il n’y aura pas de vengeance. Et nous aurons gagné la bataille », a-t-il martelé, en insistant sur les consignes de prudence : « Pas de bagarre ! », a-t-il répété, appelant à la discipline face à d’éventuels perturbateurs.
Il a alors glissé des piques à l’encontre de Jean-Michel Aulas, tout en adressant un avertissement au maire de Lyon, Grégory Doucet, en lui conseillant de « changer de ton » sur une éventuelle alliance au deuxième tour.
« Lyonnais, choisissez »
« Lyonnais, choisissez », a conclu Jean-Luc Mélenchon, alors que le public se levait pour chanter La Marseillaise et L’Internationale, ainsi qu’« Siamo tutti antifascisti ».
« Ahhh, c’était un grand show », ont partagé Raphaël et Seif, après 2h30 de discours, mettant en avant la rareté d’un tel moment de mobilisation. Ils ont exprimé que ce meeting constituait « un coup de boost » dans un contexte de « stigmatisation des électeurs de LFI ».