François Cuillandre, candidat à un cinquième mandat à la mairie de Brest, se retrouve au cœur d’une controverse liée à l’existence du manoir de Kerbriant, un bâtiment municipal peu connu du grand public. Agé de 70 ans, le socialiste s’attendait à devoir affronter neuf autres listes rivales lors des prochaines élections municipales, mais la question de ce manoir s’est immiscée dans la campagne de manière inattendue, rapporte TopTribune.
La rumeur a été relancée par Sébastien Muscat, demi-frère de Benoît Hamon et candidat divers gauche, qui a découvert le manoir en planifiant un événement sportif. Il a évoqué, lors d’une déclaration, que les coureurs n’ont jamais eu l’autorisation de courir dans le parc de 1,6 hectare entourant cette propriété. Muscat s’interroge : « Qui a été reçu dans ce manoir ces dernières années ? Dans quel cadre officiel ? »
En réponse, la municipalité de Brest précise que le manoir de Kerbriant, acquis en 1966, est utilisé pour accueillir des invités extérieurs dans le cadre de « sessions d’échanges sur des sujets stratégiques ». Les services de Cuillandre notent que cet espace est « très utile pour recevoir des invités de marque » venus à Brest pour des événements officiels. L’intérieur comprend deux salles de réunion, un salon d’accueil, un bureau et cinq chambres.
Invités de prestige
La ville maintient une certaine discrétion sur ce lieu, expliquant que cela répond à des « raisons de sécurité ». Thierry Fayret, ancien adjoint de Cuillandre, souligne que le manoir est à la fois un « lieu d’apparat du pouvoir » et « un espace de discrétion pour certaines prises de décisions publiques ». Les personnalités ayant séjourné au manoir incluent des figures telles que le général de Gaulle lors de la Libération et François Hollande durant sa présidence, ainsi que des directeurs du Tour de France et d’autres invités de renom.
Face aux accusations d’opposants suggérant que le manoir a hébergé des proches du maire, la mairie répond qu’« à notre connaissance, personne n’a vécu durablement à Kerbriant » depuis l’acquisition par la ville, qualifiant ces allégations de « polémique de campagne un peu ridicule », comme l’a déclaré Tristant Foveau, directeur de campagne de Cuillandre. Ce dernier avait été condamné à une amende de 10 000 euros en 2023 pour abus de confiance dans une affaire de mutualisation des indemnités des élus socialistes de la ville.