Philippe Dessertine a officiellement annoncé qu’il ne se ralliera à aucune autre force politique et poursuivra sa campagne en tant que candidat d’une liste citoyenne divers centre à Bordeaux. Au lendemain du premier tour des élections municipales, où il a obtenu 20,16 % des voix, il se positionne comme le troisième homme, derrière Thomas Cazenave (25,58 %) et le maire écologiste sortant Pierre Hurmic (27,67 %). Malgré une main tendue par Cazenave, Dessertine maintient fermement sa stratégie, sans discussions avec des partis concurrents, rapporte TopTribune.
Considéré comme un « phénomène politique incontournable » par lui-même, Philippe Dessertine n’a pas hésité à critiquer Thomas Cazenave, affirmant que le « macronisme a un plafond de verre » et que son électorat refuse à la fois Hurmic et le macronisme. « Thomas Cazenave se trompe s’il pense qu’il peut y avoir un report de nos voix », a-t-il déclaré.
Pierre Hurmic favori
Ludovic Renard, politologue à Sciences Po Bordeaux, souligne que les électeurs peinent à comprendre pourquoi les différents partis ne collaborent pas avant les élections. Selon lui, cette absence de coalition pourrait réduire les chances d’alternance au profit de Pierre Hurmic, le maire sortant. « Je ne crois pas à un vote utile pour dégonfler Dessertine et concurrencer Hurmic », a-t-il ajouté.
Les résultats du premier tour sont jugés décevants pour Hurmic, qui n’a eu qu’un mandat depuis 2020 pour changer la dynamique d’une ville traditionnellement à droite. Le contexte national joue également un rôle, avec une concurrence politique plus forte et un intérêt pour l’écologie qui semble en déclin, même parmi les électeurs écologistes.
Davantage de réserves de voix à gauche qu’à droite
Des enquêtes indiquent également que Philippe Dessertine a réussi à capter des voix de l’électorat du Rassemblement national, qui a connu de bons résultats dans plusieurs quartiers lors des dernières élections. Cependant, le potentiel de transfert de ces voix semble limité, puisque ceux qui souhaitaient voter pour l’outsider ont déjà fait le choix de son candidat.
« À gauche, la situation est plus complexe », note Renard. Environ la moitié des électeurs ayant voté Jean-Luc Mélenchon lors de la présidentielle se sont orientés vers Hurmic au premier tour. Hurmic a précisé qu’il ne fusionnerait pas avec Nordine Raymond, le candidat de LFI, qui a totalisé 9,36 %, un score insuffisant pour se maintenir au second tour.
Sans alliances, les candidats de droite s’efforceront de « dégonfler la baudruche » Dessertine en remettant en question sa capacité à gérer la ville. En retour, le candidat divers centre semble déterminé à jouer le rôle d’opposant durant six ans, le temps de prouver sa valeur, avec un éventuel retour en arrière à envisager.