Édouard Philippe se prépare à une nouvelle candidature à la mairie du Havre, tout en visant l’Élysée pour la présidentielle. L’ancien Premier ministre, attaché à son identité politique portuaire, a annoncé son intention de briguer un nouveau mandat lors d’un meeting devant environ 700 personnes, sans aborder le sujet de la présidentielle pour l’instant, rapporte TopTribune.
Philippe a commencé sa campagne en évoquant d’abord des problématiques locales, notamment la propreté du quartier du Rond-point et l’extension du tramway à l’hôpital Monod. Il prévoit de dévoiler son programme le 4 février et la liste de ses candidats le 11, suivi d’un grand meeting la semaine précédant le premier tour des élections municipales, qui se dérouleront entre le 15 et le 22 mars.
Les « charmes » de la « politique locale »
Durant son discours, Philippe a souligné l’importance de la politique locale face aux préoccupations nationales. « Il y aura des gens qui passeront leur temps à se poser la question de savoir comment on peut parler de la politique nationale à propos de cette campagne havraise. Je leur dis : Messieurs, bon courage. […] La politique nationale a ses charmes, la politique locale a les siens », a-t-il déclaré.
Les élections municipales du Havre ont une histoire riche. En 2020, Philippe, alors Premier ministre, avait été réélu dès le premier tour après avoir pris les fonctions de maire en 2014, suite à la nomination par son mentor, Antoine Rufenacht. Cette fois-ci, il se présente dans un contexte très différent, marqué par une forte opposition à ses réformes et des tensions sociales grandissantes.
Une importante présence policière entourait son meeting de campagne, témoin des manifestations contre la réforme des retraites qu’il a initiée. En 2020, la crise du Covid-19 a conduit à un décalage de trois mois entre les deux tours des élections municipales. Cependant, pendant cette période, Philippe a vu sa popularité augmenter grâce à sa gestion de la crise sanitaire. Réélu maire, il a depuis quitté Matignon, remplacé par Jean Castex.
« S’il perd, c’est terminé »
Pour Philippe, cette élection est cruciale. « Si je perds les élections municipales, je ne serai pas dans la meilleure des positions pour aborder la suite », a-t-il déclaré. Des membres de son parti, Horizons, affirment qu’une défaite à cette élection serait désastreuse pour sa carrière politique. « Il est absolument indispensable qu’il soit réélu au Havre », souligne un proche, ajoutant : « S’il perd, c’est terminé. »
Philippe a toujours placé l’intérêt de sa ville au-dessus de ses ambitions envers Paris, une continuité dans son engagement envers le Havre, ville héritée de sa famille, où son grand-père était docker. Membre du Conseil municipal depuis 2001, il s’est construit une carrière qui l’a vu occuper des postes clés au sein de la droite française.
Dans ce contexte, il se retrouvera face à Jean-Paul Lecoq, un candidat communiste, avec qui il a déjà eu des échanges diplomatiques lors des précédentes élections. Lecoq mène une liste unie à gauche, sans le soutien de La France insoumise, et se présente comme un challenger sérieux dans ce territoire historiquement dominé par le Parti Communiste Français.
Premières municipales d’Horizons
Les municipales à venir marquent une étape importante pour Horizons, qui, ayant été fondé en 2021, tente de se faire une place dans le paysage politique français. D’autres figures du parti, comme Christian Estrosi à Nice et Christophe Béchu à Angers, cherchent également à consolider leur pouvoir local. À Paris, Pierre-Yves Bournazel a reçu le soutien de Renaissance, suscitant des tensions avec Rachida Dati, qui accuse Philippe de vouloir affaiblir la droite dans la capitale.