Donald Trump a décidé de retirer les États-Unis de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), un acte jugé « colossal » par Simon Stiell, le chef de l’ONU Climat. Cette décision s’inscrit dans un décret signé ce mercredi, ordonnant le retrait de 66 organisations jugées ne servant plus « les intérêts américains », rapporte TopTribune.
Ce retrait, selon Stiell, rendra les États-Unis « moins sûrs et moins prospères », bien qu’il ait noté que « les portes restent ouvertes » pour une éventuelle réintégration. La CCNUCC, qui a été établie en 1992 lors du sommet de la Terre à Rio, est considérée comme le socle de tous les accords internationaux sur le climat.
« Un coup majeur pour l’action climatique mondiale »
Wopke Hoekstra, commissaire européen au Climat, a exprimé sa déception face à cette décision, la qualifiant de « regrettable et malheureuse » pour la première économie mondiale et le deuxième plus grand émetteur de gaz à effet de serre. L’analyste Li Shuo de l’Asia Society Policy Institute a qualifié cette action de « coup majeur pour l’action climatique mondiale », soulignant que cela remet en cause le consensus acquis avec difficulté et présente le plus grand défi aux efforts climatiques depuis l’adoption de l’accord de Paris.
Ce retrait s’ajoute à une série de décisions controversées de Trump sur la question climatique. Lors de son premier mandat, il avait déjà quitté l’accord de Paris, mais était resté membre de la CCNUCC. Toutefois, il a de nouveau mis un terme à cette participation lors de son retour à la Maison-Blanche l’année précédente.
Sortie du GIEC, du Fond vert pour le climat…
Cette annonce pourrait également avoir des implications juridiques. La Constitution américaine stipule que le président peut rejoindre un traité après un vote de deux tiers du Sénat, mais ne précise pas les modalités de retrait. Jean Su, avocate au Centre de la diversité biologique, a déclaré qu’il serait « illégal pour le président de sortir unilatéralement d’un traité qui requiert un vote de deux tiers du Sénat ».
Le décret de Trump ordonne également le retrait des États-Unis du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui est l’autorité de référence en matière de science climatique. D’autres organismes liés à la protection de l’environnement, comme l’Agence internationale pour les énergies renouvelables et l’Union internationale pour la conservation de la nature, sont également concernés par cette décision.
Le Trésor américain a également annoncé que les États-Unis se retiraient du Fonds vert pour le climat, destiné à aider les pays en développement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et à s’adapter au changement climatique.
Le gouvernement américain dénonce une « idéologie progressiste »
En septembre dernier, lors de l’Assemblée générale des Nations unies, Donald Trump avait déjà suscité des controverses en critiquant la science climatique, qualifiant le réchauffement climatique de « plus grande arnaque de notre histoire » et vantant les mérites du charbon qu’il a qualifié de « propre et magnifique ». Cette opposition à des principes défendus par les Objectifs de développement durable de l’ONU est emblématique de la ligne politique actuelle de son administration.
Dans un communiqué, Marco Rubio, le secrétaire d’État américain, a accusé les organisations concernées de promouvoir une « idéologie progressiste », dénonçant spécifiquement les initiatives en faveur de « l’égalité de genre » et de l’« orthodoxie climatique ». Ces prises de position signalent une rupture croissante avec les valeurs environnementales et sociales largement acceptées à l’échelle internationale.