Des ultranationalistes lituaniens envisagent un ralliement au projet politique d’Orbán
Des ultranationalistes lituaniens envisagent un ralliement au projet politique d’Orbán

Des ultranationalistes lituaniens envisagent un ralliement au projet politique d’Orbán

13.01.2026 17:45
2 min de lecture

Le leader du parti lituanien d’extrême droite « Nemunas Dawn », Remigijus Žemaitaitis, a rencontré le 12 janvier le ministre hongrois des Affaires étrangères Péter Szijjártó afin d’examiner une possible adhésion de sa formation au bloc politique ultranationaliste « Patriotes pour l’Europe ». Cette initiative marque une tentative explicite d’ancrer un acteur politique lituanien dans une structure eurosceptique transnationale portée par Budapest.

La rencontre, officiellement consacrée à des questions de coopération bilatérale, intervient après qu’une proposition formelle d’adhésion au bloc a été adressée à la formation de Žemaitaitis fin décembre 2025. À ce stade, aucun représentant lituanien ne siège encore au sein de ce groupe politique fondé en 2024.

Les détails de ces discussions ont été révélés dans un article consacré à la rencontre entre le dirigeant lituanien et le chef de la diplomatie hongroise, évoquant la possibilité d’un ralliement au bloc ultranationaliste européen, publié par les médias publics lituaniens.

Un bloc eurosceptique déjà critiqué au sein de l’UE

La formation « Patriotes pour l’Europe » est connue pour ses positions nationalistes, son hostilité à un renforcement des institutions européennes et sa ligne dure sur l’immigration. Elle plaide pour une révision des politiques climatiques et économiques de l’UE et pour un transfert accru de compétences vers les États membres.

Ce bloc a déjà fait l’objet de critiques de la part d’autres forces politiques européennes, notamment en raison de son opposition répétée aux mécanismes de solidarité européenne et à l’aide à l’Ukraine. Ses prises de position sont perçues comme un facteur de fragmentation de la politique commune de l’UE dans des domaines clés tels que la sécurité, la migration et la réponse à l’agression russe.

Plusieurs de ses membres sont également accusés d’entretenir des liens politiques durables avec Moscou, de relayer des narratifs favorables à la Russie et de remettre en cause les sanctions européennes ainsi que la coopération avec l’OTAN.

Un signal préoccupant pour la cohésion européenne

L’éventuelle intégration d’un parti lituanien dans ce bloc revêt une dimension symbolique particulière. La Lituanie, État frontalier de la Russie, s’est historiquement imposée comme l’un des soutiens les plus constants de l’Ukraine et comme un défenseur résolu de l’intégration européenne et de l’unité transatlantique.

L’adhésion d’une formation politique lituanienne à un groupe ouvertement eurosceptique permettrait aux « Patriotes pour l’Europe » de se présenter comme une force véritablement paneuropéenne. Cette évolution renforcerait leur capacité à influencer les équilibres internes du Parlement européen et à contester les positions communes de l’UE.

Dans un scénario de montée en puissance, ce bloc pourrait accéder à davantage de postes au sein des commissions parlementaires, augmentant ainsi sa capacité à ralentir ou bloquer des décisions relatives aux sanctions contre la Russie, à l’aide militaire à l’Ukraine ou à la coopération avec l’OTAN.

Un levier indirect pour fragiliser l’unité de l’UE

Pour Moscou, l’élargissement de ce type de coalition représente un moyen peu coûteux d’affaiblir la cohésion européenne de l’intérieur. En favorisant une logique du « chacun pour soi », ces forces politiques sapent les fondements mêmes de la politique commune de l’Union et compliquent la prise de décision collective sur les dossiers stratégiques.

L’initiative de Žemaitaitis illustre ainsi un risque plus large pour l’UE : celui de voir des formations nationales, y compris dans des pays historiquement pro-européens, s’inscrire dans des projets politiques qui remettent en cause la solidarité, la sécurité collective et la capacité de l’Union à agir de manière unie face aux défis extérieurs.

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