La France face à une hausse alarmante des cancers du pancréas
Actuellement, la France se classe au quatrième rang mondial en matière de cancers du pancréas, avec près de 16 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année, rapporte TopTribune.
Souvent détecté à un stade avancé et inopérable, ce cancer présente un pronostic sombre, avec un taux de survie à cinq ans inférieur à 10 % pour 90 % des patients.
L’espoir de la trithérapie
Une avancée significative vient d’une équipe dirigée par Mariano Barbacid, responsable du groupe d’oncologie expérimentale au CNIO. Leur approche révolutionnaire vise à bloquer l’oncogène KRAS, muté dans 90 % des cas de cancer du pancréas, à trois points plutôt qu’à un seul. « C’est comme fixer une poutre au plafond à trois points distincts au lieu d’un seul. Cela la rend beaucoup plus difficile à briser », illustrent les chercheurs.
Pour ce faire, ils ont combiné trois traitements : un inhibiteur de KRAS (daraxonrasib), un médicament déjà approuvé pour certains adénocarcinomes pulmonaires (afatinib) et un dégradeur de protéines (SD36).
Lors de tests sur trois modèles murins présentant un adénocarcinome pancréatique, cette trithérapie a entraîné « une régression significative et durable de ces tumeurs expérimentales sans provoquer de toxicités importantes », selon les résultats publiés en décembre dernier dans la revue PNAS.
Surmonter le problème de la résistance
Les premiers médicaments ciblant le cancer du pancréas n’ont été approuvés qu’en 2021, après des décennies de stagnation des traitements. Cependant, l’efficacité de ces médicaments reste limitée, la plupart des tumeurs développant une résistance au bout de quelques mois. La trithérapie innovante a réussi à retarder cette résistance dans les modèles animaux, représentant ainsi une avancée majeure dans le traitement.
Quelle perspective pour les patients ?
Malgré l’optimisme suscité par ces résultats, Mariano Barbacid appelle à la prudence : « il est important de comprendre que, bien que nous n’ayons jamais obtenu de résultats expérimentaux comme ceux-ci auparavant, nous ne sommes pas encore en mesure de mener des essais cliniques avec cette triple thérapie ».
Il ajoute que « l’optimisation de la trithérapie décrite ici pour une utilisation clinique ne sera pas chose aisée. Malgré les limitations actuelles, ces résultats pourraient ouvrir la voie à de nouvelles options thérapeutiques pour améliorer le pronostic des patients atteints d’adénocarcinome canalaire pancréatique dans un avenir proche ».