Des puces néerlandaises retrouvées dans les munitions russes
Des puces néerlandaises retrouvées dans les munitions russes

Des puces néerlandaises retrouvées dans les munitions russes

04.11.2025 12:10
2 min de lecture

Une enquête de RTL Nieuws publiée le 03.11.2025 révèle que des microcircuits produits aux Pays-Bas sont encore largement présents dans des drones et missiles russes. Les journalistes ont analysé plus de 5 000 composants récupérés par le renseignement militaire ukrainien et identifié 379 puces d’origine néerlandaise, soit environ 7,3 % du total, certaines datant d’après le 24.02.2022. Les Pays-Bas se classent ainsi au quatrième rang mondial pour la part de composants fabriqués après le début de l’invasion. Ces constats soulèvent des questions sur l’efficacité du contrôle des exportations et des chaînes d’approvisionnement.

Caractéristiques des composants et entreprises concernées

Parmi les éléments identifiés figurent des puces provenant de NXP (Eindhoven), de Nexperia (Nijmegen) et de STMicroelectronics, entité juridique ayant une présence aux Pays-Bas avec siège opérationnel à Genève. Les données de traçabilité montrent que, sur près de 300 composants pour lesquels la date de fabrication est connue, 44 % ont été produits après le 24.02.2022, ce qui interroge sur les mécanismes de re-exportation et de transit. Les relevés et analyses ont été relayés et complétés par d’autres médias spécialisés, dont Vot-Tak qui documente le travail d’expertise sur les débris. Le constat technique souligne la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement globales face aux circuits parallèles.

Réactions politiques et économiques

Le ministère néerlandais des Affaires étrangères a qualifié la présence de composants nationaux dans l’arsenal russe d’« extrêmement indésirable » et a annoncé un renforcement du contrôle des exportations avec un financement additionnel de 36,5 millions d’euros. Des économistes néerlandais indépendants estiment qu’il ne s’agit pas d’un contournement intentionnel par les fabricants locaux, mais d’une propagation via la revente et le transit par des pays tiers. Le 06.10.2025, le président Volodymyr Zelensky a précisé que les forces russes utilisaient des centaines de systèmes d’attaque intégrant plus de 102 000 composants d’origine étrangère, mettant en lumière l’ampleur du phénomène et la dépendance des matériels aux pièces importées.

Enjeux et implications pour la politique de sanctions

L’enquête met en relief l’usage par la Russie d’importations parallèles, de flottes de transport non officielles et de circuits « gris » passant par des pays qui n’appliquent pas strictement les régimes de sanctions. Ces voies permettent l’acheminement de microélectronique et d’autres composants, utilisés ensuite pour la fabrication d’armes. Pour limiter ce flux, les experts recommandent un renforcement coordonné des contrôles d’exportation, une traçabilité accrue des composants à l’échelle internationale et des sanctions ciblées sur les réseaux de transit. Le dossier illustre que la sécurité industrielle et militaire dépend autant de la régulation commerciale que des politiques de défense.

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