Des promesses financières non tenues entre Moscou et Pyongyang
Des promesses financières non tenues entre Moscou et Pyongyang

Des promesses financières non tenues entre Moscou et Pyongyang

29.12.2025 09:30
2 min de lecture

Fin décembre 2025, des informations relayées par des médias chinois ont mis en lumière de graves tensions financières entre la Russie et la Corée du Nord. Selon ces éléments, Moscou n’aurait versé qu’environ 20 % des compensations promises à Pyongyang en échange de l’envoi de soldats nord-coréens pour soutenir l’effort de guerre russe contre l’Ukraine, laissant plus de deux milliards de dollars impayés. Cette situation fragilise le discours officiel sur une alliance stratégique présentée comme solide et durable.

Ces révélations interviennent dans un contexte où la coopération militaire entre les deux régimes s’est intensifiée depuis 2024. La Russie aurait bénéficié de livraisons d’armes, de munitions et de personnel, tandis que la Corée du Nord attendait en retour des paiements financiers réguliers, essentiels pour une économie fortement isolée et dépendante de devises étrangères.

Un partenariat stratégique fondé sur des échanges asymétriques

En 2024, Vladimir Poutine et Kim Jong Un ont signé un accord de partenariat stratégique global incluant un engagement à fournir une assistance militaire et technique par tous les moyens disponibles. Dans ce cadre, Moscou a transféré à Pyongyang des technologies liées au guidage de missiles, à la navigation satellitaire et à d’autres domaines sensibles, contribuant au développement du programme balistique nord-coréen.

La Russie a également fourni du pétrole, des ressources énergétiques et des denrées alimentaires, facilitant ces flux par la reprise des liaisons ferroviaires et postales entre les deux pays. L’accord prévoyait toutefois aussi des paiements en espèces, considérés par Pyongyang comme un pilier central de la coopération, au même titre que les transferts technologiques.

Contraintes budgétaires russes et attentes nord-coréennes

Des données communiquées en 2024 faisaient état de versements annuels de 115 millions de dollars pour le déploiement de quatre brigades nord-coréennes, soit environ 20 000 soldats. En décembre de la même année, une compensation globale de 315 millions de dollars aurait été versée pour 11 000 militaires. Or, malgré l’envoi ultérieur de près de 15 000 soldats supplémentaires, les paiements attendus n’auraient pas suivi.

La pression croissante des sanctions internationales sur l’économie russe, la baisse des revenus énergétiques et les restrictions sur les exportations de pétrole ont réduit les marges de manœuvre budgétaires du Kremlin. Dans ce contexte, Moscou privilégierait les compensations matérielles et technologiques, estimées stratégiquement plus précieuses, alors que Pyongyang continue de réclamer des liquidités pour soutenir sa stabilité financière interne.

Répercussions régionales et crédibilité des alliances russes

Cette situation affecte également l’équilibre régional, notamment du point de vue de la Chine, principal partenaire et garant informel des arrangements entre Moscou et Pyongyang. Pékin verrait d’un mauvais œil toute instabilité susceptible d’affaiblir la Corée du Nord ou de remettre en cause les cadres diplomatiques qu’il contribue à maintenir, ce qui expliquerait la visibilité accordée à ces informations dans les médias chinois.

Au-delà du cas nord-coréen, ces développements renforcent l’image d’une Russie perçue comme un allié peu fiable. Des précédents en Syrie et dans le Caucase ont déjà nourri ce constat, où des engagements politiques ou sécuritaires n’ont pas été suivis d’actions concrètes lorsque les intérêts de Moscou évoluaient. L’épisode actuel accentue ce déficit de crédibilité et fragilise la notion même de « partenariat stratégique » promue par le Kremlin.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER