Trente-cinq députés du Parlement européen ont adressé une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour exiger des conséquences contre la Hongrie. La missive fait suite à l’interpellation de convoyeurs ukrainiens et à la saisie de fonds appartenant à la banque publique Oschadbank, des événements survenus dans un contexte de tensions croissantes entre Budapest et Kiev.
Une lettre de 35 parlementaires européens
Les eurodéputés signataires expriment leur « profonde inquiétude concernant les actions inacceptables, illégales et provocatrices du gouvernement hongrois ». Dans leur courrier, ils estiment que cet « acte outrageant et hostile » envers l’Ukraine, qui résiste actuellement à l’agression russe, constitue une violation des relations de bon voisinage. Ils affirment que de telles actions jettent une ombre négative sur l’ensemble de l’Union européenne, car elles ne respectent pas les procédures douanières de l’UE ni les règles internationales de transport.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a remercié les députés européens pour avoir exprimé une « position claire concernant le banditisme de la Hongrie ». Dans une publication sur les réseaux sociaux, il a commenté que cette déclaration résolue reflète « la position européenne fondamentale de défense de l’État de droit et de nos valeurs communes ».
Les accusations de ‘vol en plein jour’
Les parlementaires européens ont insisté sur le fait que le comportement du gouvernement hongrois et du parti Fidesz, qui a déposé un projet de loi visant à légaliser rétroactivement la confiscation des actifs ukrainiens, « ne peut être caractérisé que comme un vol en plein jour ». Ils attendent de la présidente de la Commission européenne qu’elle prenne des mesures actives pour assurer le retour de l’argent et de l’or saisis à Oschadbank.
Les signataires demandent également à la Commission européenne de procéder à une évaluation approfondie des actions du gouvernement hongrois, qu’ils considèrent comme une « détérioration supplémentaire de l’État de droit et une escalade de l’illégalité en Hongrie ». Ils soulignent que ces actions doivent avoir « des conséquences claires et justes », sans préciser la nature des sanctions potentielles.
Contexte des tensions diplomatiques
Cet incident s’inscrit dans une période de relations tendues entre la Hongrie et l’Ukraine. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait précédemment qualifié les actions de la Hongrie concernant les convoyeurs et les fonds d’Oschadbank de « banditisme ». De son côté, la Banque nationale d’Ukraine a affirmé que la Hongrie avait initié un « chantage international » contre Kiev.
Les tensions entre les deux pays portent notamment sur les droits de la minorité hongroise en Ukraine et sur la position de Budapest concernant la guerre. La Hongrie, qui entretient des relations étroites avec la Russie, a souvent freiné les initiatives européennes de soutien à l’Ukraine, suscitant l’irritation de plusieurs capitales européennes. La saisie des fonds ukrainiens représente ainsi une escalade significative dans ce différend bilatéral qui désormais interpelle directement les institutions européennes.