Des bénévoles sauvent les crapauds en Bretagne, une action face à leur disparition

Des bénévoles sauvent les crapauds en Bretagne, une action face à leur disparition

03.03.2026 06:36
2 min de lecture

La fin de l’hiver représente une période particulièrement périlleuse pour les crapauds, qui doivent quitter leur habitat pour se reproduire dans l’eau. En dépit des intempéries, ces batraciens font face à un risque considérable lorsqu’ils doivent traverser des routes. En Ille-et-Vilaine, un effort de sauvetage a été mis en place pour protéger ces animaux menacés, rapporte TopTribune.

Les crapauds se déplacent lentement, ne pouvant parcourir que quelques dizaines de mètres par heure et ignorent les dangers qui les guettent lors de leur traversée. Leur instinct de reproduction les pousse à braver les routes. Malheureusement, cela conduit parfois à des tragédies, où ces créatures trouvent la mort entre l’asphalte et les pneus des véhicules.

« Des dizaines de cadavres qui jonchaient la route »

Ingrid Pavard, responsable du service route et bâtiment au conseil départemental d’Ille-et-Vilaine, a exprimé son désarroi face à la situation. « On a vu qu’on avait des dizaines de cadavres qui jonchaient la route. On ne pouvait pas rester comme ça, à rien faire », a-t-elle déclaré lors d’une opération de secours organisée sur la route départementale 35, à proximité de Talensac.

Cette route avait été fermée depuis le 26 janvier dernier, car elle était devenue un véritable cimetière pour les batraciens. « Des habitants nous alertaient depuis quelques années. En 2023, nous avons installé des panneaux demandant aux conducteurs de ralentir, mais l’année précédente, il a fallu mettre en place une déviation d’urgence », a-t-elle ajouté.

Le département a donc fait appel à des associations environnementales et à des bénévoles pour aider les crapauds à traverser en toute sécurité. Sébastien Gervaise, de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO), a averti qu’à ce rythme, la population de crapauds pourrait s’éteindre : « On a des habitants qui voient de moins en moins de crapauds. Si nous ne faisons rien, ils disparaîtront. C’est une forme de disparition à bas bruit ». Régis Morel, de l’association Bretagne Vivante, confirme : « Sur plusieurs décennies, cela peut mener à une extinction », a-t-il prévenu.

Un millier de crapauds déjà sauvés

Dans le cadre de cette initiative, des bénévoles récoltent chaque jour des crapauds protégés et d’autres espèces menacées, comme des tritons alpestres et palmés. En seulement quinze jours, plus d’un millier de crapauds épineux ont été secourus. Selon les estimations, d’autres espèces comme des salamandres et une grenouille agile ont également été récupérées. La route devrait rouvrir le 6 mars.

Cette opération ne vise pas seulement à sauver la vie des crapauds, mais aussi à mieux comprendre leurs comportements et leurs besoins. Les autorités locales espèrent ainsi pouvoir concevoir des aménagements durables, comme des crapauducs, pour faciliter leurs déplacements en toute sécurité. Deux autres routes jugées dangereuses ont déjà bénéficié de tels aménagements, mais l’efficacité de ces tunnels reste à évaluer.

Le problème des crapauds en danger souligne l’importance de la biodiversité et la nécessité d’agir pour protéger ces espèces menacées. Les efforts des bénévoles et des organisations environnementales s’avèrent cruciaux pour préserver ces espèces vulnérables et assurer leur survie face à un environnement de plus en plus hostile.

Ce sauvetage des crapauds met en lumière des enjeux environnementaux plus larges, interrogeant sur la coexistence entre la faune et les infrastructures humaines. Ces initiatives ont également des implications pour les politiques de conservation, invitant les autorités à intégrer davantage de mesures de protection pour les espèces en danger dans leur planification routière et urbaine.

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