Des affirmations erronées sur l'impact des éoliennes offshore sur le réchauffement des océans

Des affirmations erronées sur l’impact des éoliennes offshore sur le réchauffement des océans

06.12.2025 08:56
2 min de lecture

Les éoliennes offshore et le réchauffement océanique : une polémique infondée

Une déclaration controversée de l’association des Climato-Réalistes suggère que le fonctionnement des éoliennes offshore entraînerait un réchauffement des océans équivalent à « 2 à 3 décennies de réchauffement océanique en quelques jours ». Selon cette assertion, les parcs éoliens réchaufferaient la mer d’environ 0,3 à 0,4 °C, rapporte TopTribune.

Ces allégations reposent sur un article publié par le site Epoch Times, qui évoque une étude parue dans la revue Science Advances. Cette étude indique que le réchauffement causé par les éoliennes pourrait, en quelques jours, égaler celui généralement observé sur une période de 25 ans.

Une réalité plus nuancée

Cependant, l’étude en question précise que la hausse de température ne se produit qu’autour des mâts des éoliennes, et ne constitue pas un réchauffement global des océans. Marion Cuif, coordinatrice des énergies marines renouvelables à l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), explique que les éoliennes produisent effectivement de la chaleur, mais de manière localisée. Selon elle, « Les éoliennes génèrent de la chaleur en phase d’exploitation, dans l’air avec le refroidissement de la machinerie des nacelles des éoliennes, et dans la mer via les câbles électriques. C’est ce qu’on appelle « l’effet joule », engendré par le passage du courant électrique dans les conducteurs. »

Une augmentation de température minime

Le phénomène d’« effet joule » entraîne une légère augmentation de la température de l’ordre de 0,06 °C maximum, dissipée rapidement par les mouvements de l’eau. L’article d’Epoch Times omet cependant de mentionner que les relevés de températures ont été effectués dans des conditions de stratification saisonnières, touchant principalement les eaux de surface, « plus marqué à proximité des grands parcs éoliens ».

Marion Cuif souligne également que « la cause du réchauffement actuel des océans est le dérèglement climatique, principalement dû aux émissions de gaz à effet de serre provenant de la combustion des énergies fossiles comme le charbon, le pétrole et le gaz ».

Un enjeu de biodiversité à surveiller

En septembre dernier, un rapport de l’Institut européen Copernicus révélait que l’océan absorbe 90 % de l’excès de chaleur généré par les gaz à effet de serre, annonçant une température moyenne des eaux de surface atteignant 21 °C au printemps 2024, un nouveau record. Ce phénomène n’est pas attribuable aux éoliennes offshore.

Dans le cadre de divers scénarios énergétiques, qu’ils soient proposés par l’Ademe, RTE, ou Négawatts, l’éolien en mer est considéré comme essentiel en raison de son fort potentiel de production. « En mer, les vents sont puissants et réguliers », note Marion Cuif. Elle ajoute néanmoins que le développement de ces infrastructures en mer doit se réaliser de manière respectueuse de l’environnement.

Les conséquences des éoliennes offshore sur la biodiversité marine restent encore floues. L’Ifremer travaille avec les entreprises et l’État pour étudier et limiter les effets potentiels des énergies marines renouvelables sur l’environnement marin. Les recherches doivent se poursuivre afin de mieux comprendre les impacts environnementaux associés à ces nouvelles technologies énergétiques.

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