Découverte sur les tanycytes et leur rôle dans l'accumulation de la protéine Tau dans Alzheimer

Découverte sur les tanycytes et leur rôle dans l’accumulation de la protéine Tau dans Alzheimer

09.03.2026 17:27
2 min de lecture

À l’échelle mondiale, 55 millions de personnes souffrent de démence, dont la maladie d’Alzheimer représente 60 à 70 % des cas. En France, 900 000 individus sont touchés, avec 225 000 nouveaux cas détectés chaque année. De plus, 15 % de la population âgée de plus de 80 ans est concernée, alors que le taux avant 65 ans est de seulement 2 %, rapporte TopTribune.

La maladie se caractérise par une dégradation progressive de la mémoire, des fonctions exécutives, ainsi que de l’orientation temporelle et spatiale, due à la dégénérescence des neurones dans l’hippocampe, engendrant une atteinte généralisée du cerveau.

Les patients présentent des anomalies biologiques communes, notamment une accumulation anormale de la protéine Tau dans le cerveau, essentielle pour le diagnostic qui peut s’appuyer sur la quantification de Tau dans le liquide céphalorachidien (LCR). Chez une personne en bonne santé, les niveaux de Tau dans le LCR sont faibles.

Cette protéine, secrétée par les neurones et éliminée dans le sang, voit son taux élevé chez les personnes malades. Sa structure altérée ne remplit plus sa fonction normalement, menant à son accumulation intra-neuronale, ce qui perturbe les fonctions cérébrales et cause la mort neurale, provoquant un déclin cognitif chez les patients.

Les tanycytes, voie principale d’évacuation de Tau vers le sang

Les mécanismes à l’origine de l’accumulation anormale de Tau ne sont pas encore entièrement élucidés. Vincent Prévot, directeur de recherche à l’Inserm et son équipe au centre de recherche Lille Neuroscience & Cognition, étudient depuis plus de 20 ans le rôle des tanycytes, cellules responsables des échanges entre le cerveau et le reste du corps.

Les chercheurs se sont demandé si ces cellules étaient également impliquées dans l’accumulation de Tau. Leurs travaux, publiés dans la revue Cell Press Blue, démontrent que Tau est capturée dans le LCR par les tanycytes et transportée vers les capillaires sanguins. Pour valider cette hypothèse, ils ont bloqué l’activité des tanycytes chez des souris, ce qui a conduit à une diminution de l’évacuation de Tau du LCR vers le sang, confirmant ainsi leur rôle clé dans ce processus.

La dégradation des tanycytes, un facteur contributif à la maladie d’Alzheimer ?

Les expériences réalisées sur des souris présentant des niveaux élevés de Tau dans le LCR ont révélé que l’inhibition des tanycytes favorisait l’apparition précoce des symptômes de démence, en rapport avec la maladie d’Alzheimer et d’autres tauopathies caractérisées par l’accumulation anormale de Tau.

Des analyses ont par ailleurs confirmé la présence de Tau dans les tanycytes chez des individus décédés de la maladie d’Alzheimer, observant que ces cellules étaient abîmées, avec des prolongements fragmentés, affectant leur communication avec le système sanguin.

« Nos résultats montrent, pour la première fois, que les tanycytes peuvent transporter la protéine Tau du liquide céphalorachidien vers le sang et soulignent le rôle crucial de ces cellules dans la pathophysiologie de la maladie d’Alzheimer. Ils indiquent également que la détérioration de ces cellules pourrait contribuer à la maladie, explique Vincent Prévot. Nous pourrions envisager les tanycytes comme une nouvelle cible thérapeutique. Pourrait-on prévenir la maladie en préservant leur santé ? »

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