Décès liés au tabac : persistance des disparités entre hommes, femmes et régions.

Décès liés au tabac : persistance des disparités entre hommes, femmes et régions.

17.02.2026 11:17
3 min de lecture

Le tabagisme continue de constituer un enjeu majeur pour la santé des Français. Selon les dernières statistiques présentées par Santé publique France, 68.021 décès en 2023 sont imputables à la consommation de tabac, représentant 10,9 % des décès sur le territoire national, rapporte TopTribune.

Ces chiffres masquent cependant des disparités significatives selon la région, le sexe et les maladies concernées. Bien que la tendance générale montre une baisse depuis le milieu des années 2010, certaines classes de population restent affectées de manière préoccupante.

Cancer, maladies chroniques : le poids sanitaire du tabac

Le tabac est indissociable des maladies graves. En effet, les cancers représentent à eux seuls 57 % des décès liés au tabagisme. En valeur absolue, cela se traduit par plus de 38 000 décès par cancer associés à la consommation de tabac en 2023.

Dans son analyse, Santé publique France souligne que « Le cancer est la principale cause des décès attribuables au tabagisme avec 57 % des décès estimés ».

Les maladies cardiovasculaires figurent au deuxième rang des causes, suivies des maladies respiratoires chroniques. Ces dernières se révèlent particulièrement vulnérables aux effets du tabagisme, avec plus d’un tiers des décès liés à ces conditions attribués à la consommation de cigarettes.

De plus, l’agence sanitaire indique que « En 2023, en France, le tabagisme a provoqué plus de 68.000 décès prématurés et évitables ».

Hommes, femmes : une évolution contrastée

L’écart entre hommes et femmes demeure prononcé. En 2023, environ 49.400 hommes sont décédés de maladies liées au tabac, comparé à 18.700 femmes, ce qui correspond à 15,9 % des décès masculins contre 5,9 % des décès féminins.

Santé publique France précise que « Les trois quarts de ces décès prématurés concernaient la population masculine ».

La baisse observée dans les dernières années s’explique en partie par une réduction du tabagisme chez les hommes d’âge plus avancé. En revanche, les changements chez les femmes sont plus nuancés. Les cohortes plus récentes révèlent une augmentation des risques, notamment en ce qui concerne le cancer du poumon, due à des comportements tabagiques de plus en plus similaires à ceux des hommes depuis les années 1970.

Cette convergence est désormais visible dans les statistiques de mortalité.

Régions : une France à deux vitesses face au tabagisme

L’analyse des données géographiques révèle des écarts marqués. Les Hauts-de-France, le Grand Est et la Corse affichent les taux de mortalité directement attribuables au tabac les plus élevés, dépassant 115 décès pour 100.000 habitants.

À l’inverse, l’Île-de-France se distingue par le taux le plus bas parmi les régions métropolitaines.

Dans les territoires d’outre-mer, la situation présente des disparités. Les Antilles et la Guyane enregistrent moins de 5 % de décès liés au tabagisme, tandis qu’à La Réunion, le taux est plus proche de la moyenne nationale.

Les données soulignent que « Les Hauts-de-France, le Grand Est et la Corse sont les régions françaises qui présentent le fardeau le plus lourd en termes de mortalité attribuable au tabagisme ».

Ces différences reflètent des habitudes historiques de consommation ainsi que des facteurs socio-économiques qui influencent l’accès à la prévention et l’exposition au risque.

Un impact durable malgré le recul global

Par rapport à 2015, où environ 75.000 décès étaient associés au tabagisme, le chiffre de 2023 constitue une amélioration. Toutefois, cette diminution doit être analysée avec prudence. Les experts avertissent que la mortalité actuelle est le résultat de comportements adoptés parfois plusieurs décennies auparavant.

Le tabagisme peut réduire l’espérance de vie des fumeurs réguliers d’environ dix années. Les conséquences sur la santé s’installent sur le long terme, ce qui explique que les stratégies de lutte contre le tabac produisent leurs effets avec un délai significatif.

Alors que le Programme national de lutte contre le tabac vise à établir une génération sans tabac d’ici 2030, les chiffres de 2023 montrent que le chemin à parcourir demeure long. Près d’un décès sur neuf en France continue d’être lié à la cigarette.

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