À l’approche de 2026, le marché de l’immobilier en France est observé avec une attention particulière : variations des taux d’intérêt, incertitudes budgétaires, aspects fiscaux et confiance des acheteurs. Après avoir atteint un creux en 2024, les volumes de ventes connaissent une légère remontée. Pourtant, le contexte économique et politique global demeure instable, entraînant une grande prudence parmi les acteurs du secteur, rapporte TopTribune.
Les défis du marché immobilier malgré un léger rebond
Le Groupe BPCE signale un redressement modéré du marché de l’immobilier ancien en 2025. Dans son rapport intitulé « Bilan 2025 et perspectives 2026 », le groupe souligne que l’offre se redresse lentement et que les Français envisagent davantage de projets immobiliers par rapport à 2024. Cependant, cette reprise demeure fragile : le volume total des transactions, mesuré par le taux de ventes pour 1 000 habitants, était de 11,8 ‰ au début de 2025 — un chiffre supérieur à certaines périodes de crise, mais qui reste modeste à long terme.
De plus, une enquête récente du même groupe révèle que les répondants manifestent une grande hésitation : moins d’un Français sur cinq estime que c’est le bon moment pour acheter. Ainsi, malgré l’apparente sortie d’un creux, la demande reste timide — en partie en raison des incertitudes politiques et fiscales, ainsi que d’une prudence accrue des ménages.
L’impact des taux de crédit et de l’environnement macroéconomique
La légère détérioration de la crise a été facilitée par un rebond de l’octroi des crédits. En 2025, la production de crédits immobiliers a vu une augmentation de 29 % par rapport à l’année précédente, en grande partie grâce aux primo-accédants. Toutefois, cette aide apparaît temporaire. Le Groupe BPCE prévoit une hausse des taux en 2026, due à une augmentation du rendement de l’OAT à 10 ans et à la fin de la politique monétaire très accommodante de la Banque centrale européenne (BCE). Ainsi, le taux moyen des nouveaux crédits pourrait atteindre 3,35 % en 2026, en hausse par rapport à environ 3,09-3,15 % à la fin de 2025.
Cette conjoncture pourrait sérieusement affecter le pouvoir d’achat immobilier. Dans ce contexte de taux plus élevés, de nombreux acheteurs potentiels pourrait renoncer à leurs projets ou, à tout le moins, les reporter, ce qui pourrait entraîner un nouveau ralentissement du marché.
L’incertitude politique et fiscale comme frein à la confiance
La récente instabilité politique en France pèse sur le moral des ménages et influence leurs décisions d’achat ou de vente. Plusieurs experts notent un ralentissement des transactions depuis le printemps, notamment à cause de l’augmentation des droits de mutation dans certains territoires.
De plus, la fin de programmes fiscaux attrayants (comme le Pinel pour l’investissement locatif) nuît à l’attractivité du secteur du logement neuf. Le secteur de la promotion immobilière reste en crise, les volumes de logements neufs en chantier ou autorisés étant largement inférieurs aux niveaux d’avant la crise. Pour les bailleurs privés, la fiscalité et les contraintes réglementaires renforcent l’attentisme, voire le retrait : certains préfèrent vendre plutôt que d’investir.
Une année 2026 incertaine : des perspectives modérées
Selon les prévisions du Groupe BPCE, en 2026, l’augmentation des taux d’intérêt devrait se confirmer et la production de crédits devrait diminuer. Par conséquent, le redressement du marché de l’ancien sera limité. Le groupe prévoit une augmentation des prix de l’ancien d’environ +0,7 % seulement.
Concernant le marché du neuf, seul le segment des maisons individuelles pourrait tirer son épingle du jeu, notamment grâce à l’extension du Prêt à Taux Zéro (PTZ) à partir du 1ᵉʳ avril 2025. La majorité de la promotion immobilière resterait stagnante, sous les niveaux d’avant la crise. Pour les volumes globaux de transactions, le plafond sera proche de 960 000 ventes en 2026, un chiffre qui reste modeste par rapport aux années précédentes.