Le Premier ministre français s’engage auprès des agriculteurs face à la crise de la dermatose nodulaire contagieuse
Alors qu’ils veulent relancer leur mobilisation, notamment face à la crise de la dermatose nodulaire contagieuse, les syndicats agricoles vont rencontrer le Premier ministre à partir de lundi, rapporte TopTribune.
Dans une lettre ouverte publiée le 4 janvier, le Premier ministre Sébastien Lecornu déclare : « Je ne vous écris pas pour vous rassurer, mais pour vous dire les choses clairement ». Ce rendez-vous s’inscrit dans un contexte de mécontentement croissant au sein de la profession.
Lecornu souligne que le gouvernement ne « minimise pas » le « sentiment qui domine dans la profession : celui d’une injustice profonde, celui d’une iniquité structurelle, celui d’un empilement de règles venues de loin qui, parfois, ont perdu leur bon sens ». Il affirme que le gouvernement « le partage » et « en tire les conséquences ».
Il insiste sur l’objectif de « mettre fin aux deux poids deux mesures » et de « rétablir la justice économique ». Ceci inclut la suppression ou l’adaptation des règles jugées pénalisantes pour l’agriculture, sans compromettre la protection de l’environnement ou de la santé. Lecornu déclare que « ce cap n’est pas idéologique : il est concret ».
« Face aux crises, l’État a répondu systématiquement et continuera à le faire : crises sanitaires, intempéries, tensions de trésorerie », a affirmé le Premier ministre dans sa lettre.
Sébastien Lecornu, Premier ministre
Lecornu mentionne également l’importance de simplifier les réglementations, avec « un contrôle administratif unique, des délais de recours raccourcis, un allégement des obligations de la politique agricole commune (PAC) ». Il promet la reconnaissance de « la bonne foi des agriculteurs, la fin des sanctions automatiques et disproportionnées ».
Concernant des mesures sur l’eau, il annonce que « le fonds de soutien aux équipements hydrauliques agricoles, qui accompagne déjà une centaine de projets, verra sa dotation multipliée par trois ». Le gouvernement se dit aussi « pas opposé » à une « loi exceptionnelle », à condition qu’elle soit construite avec toutes les forces présentes au Parlement pour qu’elle soit efficace.
Sur le plan européen, Lecornu assure que « le budget de la PAC ne baissera pas, ni aujourd’hui, ni demain ; il n’y aura donc pas un centime de moins pour le revenu agricole ». Il indique que les accords commerciaux seront « combattus à chaque fois qu’ils seront déséquilibrés ».
Reconnaissant que les décisions prises jusqu’à présent « ne suffisent pas encore », le Premier ministre appelle à un renforcement des actions, affirmant que des arrêtés seront pris cette semaine pour suspendre les importations de denrées provenant de certains pays d’Amérique du Sud, notamment des produits contenant des résidus de substances interdites en Europe. « C’est du bon sens », a-t-il commenté.
« Il y a urgence à renforcer notre souveraineté alimentaire et nos intérêts supérieurs », a souligné Lecornu.
Sébastien Lecornu, Premier ministre
Pour conclure, il affirme que les contrôles sur les importations seront « massivement renforcés, aux frontières et sur le territoire ». Il exige que « le principe sera simple : les mêmes normes pour tous, les mêmes contrôles pour tous », et promet de continuer à demander des règles européennes simplifiées.
Il reconnaît également que le mécanisme d’ajustement carbone (MACF) représente un risque de surcoûts pour les agriculteurs français. Lecornu s’engage à travailler avec la Commission européenne pour trouver une solution temporaire afin de neutraliser les effets de ce mécanisme sur le prix des engrais, concluant que « le bon sens doit redevenir la règle ».