Familles Rurales a récemment annoncé sa décision de solliciter une enquête sectorielle auprès de l’Autorité de la concurrence, se concentrant sur la formation des prix et la distribution des marges au sein de la grande distribution. L’association, en s’appuyant sur son « Observatoire des prix 2025 » ainsi que sur des données publiques, dénonce un système de marges qui rend l’accès à une alimentation saine de plus en plus difficile pour une partie croissante des ménages, rapporte TopTribune.
Analyse des prix en grande distribution par Familles Rurales
La critique principale émise par Familles Rurales tourne autour d’un mécanisme qu’elle désigne comme la « péréquation des marges ». Ce terme fait référence à une stratégie d’équilibrage interne adoptée par les grandes surfaces, qui consiste à réduire les marges sur certains produits très prisés pour attirer les clients, tout en compensant ces pertes sur d’autres produits où les marges sont nettement plus élevées, comme les denrées périssables.
L’association précise clairement sa position sur cette dynamique dans ses communications. Nadia Ziane, la directrice du département consommation de Familles Rurales, a cité dans un reportage que la « péréquation des marges … implique que les supermarchés ne tirent quasiment pas de profits sur certains produits d’appel sucrés, se rattrapant ensuite sur des articles comme les fruits et légumes ». De cette manière, l’association affirme que la structure actuelle des marges incite les familles à privilégier des achats qui ne favorisent pas un régime alimentaire équilibré.
Saisine de l’Autorité de la Concurrence : enjeux et motivations
En s’adressant à l’Autorité de la concurrence, Familles Rurales vise une réponse institutionnelle à une question qu’elle considère fondamentale : comment s’élaborent les prix et quelles sont les modalités de répartition des marges entre différents rayons, marques et types de produits. L’association exige une enquête sectorielle approfondie, au-delà d’un simple traitement de conflit isolé, afin d’obtenir des informations comparables et vérifiables sur le marché, touchant ainsi à ce qu’elle qualifie de zone grise dans la répartition des marges.
Ce timing n’est pas anodin, l’association liant sa démarche à la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC). Selon Familles Rurales, cette stratégie, bien qu’énonçant des objectifs, ne propose pas de leviers suffisamment « contraignants » pour opérer des changements significatifs sur la formation des prix et la gestion des marges dans la grande distribution. L’association critique la situation de façon succincte : « La SNANC a été récemment publiée… Mais sans mesures structurelles sur les prix, l’accès à ces objectifs restera limité pour une trop grande partie des consommateurs. »
En résumé, Familles Rurales appelle à établir un cadre qui soit en mesure d’impacter réellement les prix et, par conséquent, d’améliorer l’accès à une alimentation équilibrée. L’association indique qu’une famille de quatre personnes, se conformant aux recommandations du PNNS, pourrait dépenser environ 800 euros par mois pour un panier non bio et 1 314 euros par mois pour un panier bio. Même en choisissant les articles les moins chers, « en renonçant à la diversité », le coût que l’on pourrait atteindre se situerait à 539 euros par mois.