Les dangers de la surutilisation des écrans chez les enfants
Une psychologue clinicienne souligne que le surcroît de temps passé devant les écrans chez les enfants peut entraîner une véritable crise familiale. « Le prix que nous payons, c’est l’épuisement de nos capacités attentionnelles », déclare Sabine Duflo, fondatrice du collectif « surexposition écrans » (CoSE), rapportant ce problème grandissant qui touche de nombreuses familles.
Le rôle clé des parents
Selon Duflo, « 90 % de l’éducation se fait par l’imitation », ce qui implique que les enfants s’alignent sur les comportements des adultes. Les parents doivent donc se questionner : sont-ils réellement présents lorsque leurs enfants sont là ?
Les relations familiales sont cruciales pour le développement d’aptitudes clés telles que la confiance en soi et la sociabilité. Si un adulte est fréquemment distrait par son téléphone, les interactions significatives peuvent souffrir, entraînant un isolement de l’enfant.
Les signes qui doivent alerter
Les signes d’une addiction aux écrans se manifestent souvent lentement et peuvent inclure :
- Un désintérêt pour d’autres activités (sport, famille, école) ;
- Une perte d’intérêt pour les moments partagés ;
- Une nervosité ou une agressivité accrue ;
- Des difficultés de concentration ;
- Une détérioration de la qualité du sommeil.
« Des demandes simples comme venir manger ou aller se doucher deviennent soudain très difficiles à accepter », décrit Duflo. « Et cela peut aller très vite. »
Des contenus conçus pour accrocher
La difficulté à réguler l’utilisation des écrans découle aussi des contenus attirants qui captent l’attention des enfants. Les jeux vidéo gratuits en ligne, les réseaux sociaux et les courtes vidéos utilisent des systèmes de récompenses aléatoires semblables aux machines à sous, envoyant des flux de dopamine puissants au cerveau, précise Duflo.
Reprendre le contrôle à la maison
Pour contrecarrer l’emprise des écrans, la psychologue préconise l’établissement de règles simples pour l’ensemble de la famille :
- Pas d’écran le matin ;
- Pas d’écran pendant les repas ;
- Pas d’écran dans la chambre ;
- Tous les écrans éteints 30 minutes avant le coucher.
Il est également conseillé de privilégier des contenus avec un début et une fin, comme des films ou des jeux payants, plutôt que des plateformes sans limite, jalonnées de récompenses aléatoires.
Une lutte difficile pour les parents
Lorsque l’utilisation excessive des écrans est bien établie, surtout à l’adolescence, la situation peut devenir précaire. « Les parents ne sont ni idiots ni incompétents. Ils essaient simplement de lutter contre les addictions comportementales engendrées par ces applications gratuites », insiste Duflo. En effet, ces outils sont souvent conçus pour capter l’attention de manière addictive. Reprendre le contrôle peut commencer par recréer des moments en famille sans écran.