Climat : la baisse des émissions de gaz à effet de serre en France est insuffisante pour atteindre la neutralité carbone

Climat : la baisse des émissions de gaz à effet de serre en France est insuffisante pour atteindre la neutralité carbone

13.01.2026 09:56
2 min de lecture

Les émissions de gaz à effet de serre en France connaissent une baisse, mais celle-ci reste timide. Après des diminutions plus marquées en 2022 (-3,9%) et 2023 (-6,8%), suivies d’un ralentissement en 2024 (-1,8%), la France enregistre une légère réduction de seulement -1,6% en 2025. Ce chiffre est nettement insuffisant pour atteindre les objectifs de neutralité carbone, rapporte TopTribune.

Face à des événements climatiques extrêmes et des records de chaleur, la France, à l’instar de l’Allemagne et d’autres pays développés, peine à progresser dans sa transition énergétique. « La France devrait accélérer la sortie des énergies fossiles pour sa propre souveraineté et sa sécurité. Malheureusement nous en sommes loin », a déclaré Anne Bringault, directrice des programmes du Réseau action climat (RAC).

Des secteurs en retard dans la transition énergétique

Les secteurs des transports, des bâtiments (chauffage, climatisation) et de l’énergie sont les plus à la traîne dans la transition vers une société bas carbone. L’industrie, enregistre une baisse de -3,4%, principalement en raison d’une activité réduite, notamment dans la chimie, la production de ciment et la métallurgie.

L’agriculture réduit ses émissions grâce à une diminution du cheptel bovin, alors que le secteur des transports affiche un léger recul de la consommation de carburants. Les bâtiments montrent une baisse modeste, liée aux fluctuations de la consommation de fioul et de gaz, mais restent éloignés des objectifs fixés. L’énergie, quant à elle, présente des émissions quasi stables malgré une production d’électricité majoritairement décarbonée, tirée par le nucléaire et l’essor des énergies renouvelables.

Un effort insuffisant pour atteindre les objectifs 2030

Cette « faible diminution des émissions » est « en deçà du rythme nécessaire pour atteindre les objectifs 2030 », souligne le Citepa. Celui-ci prévoit un effort moyen de -4,6% par an d’ici 2030 selon la Stratégie nationale bas carbone (SNBC-3). « Il est plus que temps de prendre au sérieux le risque climatique, mais aussi géopolitique, résultant de notre dépendance à des énergies fossiles que nous importons massivement. Il est crucial que la classe politique s’accorde sur des mesures concrètes pour agir, en soutenant les acteurs les plus impactés », ajoute Anne Bringault.

En effet, le Haut conseil pour le climat avait déjà mis en garde l’an dernier sur la nécessité d’« accélérer fortement » la baisse des émissions, qui dépendait largement de facteurs conjoncturels, notamment météorologiques. L’Union européenne vise une réduction de -90% des émissions d’ici 2040 par rapport à 1990, alors qu’elle n’avait atteint qu’une réduction de -37% en 2023.

Malgré ces défis, des voix s’élèvent pour signaler un besoin urgent d’une politique climatique plus audacieuse et efficace afin de répondre à la crise environnementale et d’assurer une transition juste vers une économie durable. Les prochains mois seront cruciaux pour déterminer si la France peut réellement se réorienter vers une trajectoire conforme à ses engagements climatiques et à ses nécessités de sécurité énergétique.

Les décisions à venir seront également influencées par les réactions du public et les initiatives locales, alors que la pression augmente pour une prise de conscience collective et un changement de cap significatif dans la lutte contre le changement climatique. La cohérence et l’ambition des politiques mises en œuvre seront essentielles pour galvaniser le soutien public et industriel en faveur de cette transition incontournable.

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