Charles Alloncle, rapporteur controversé d’une commission d’enquête sur l’audiovisuel public
Dans un climat de tensions politiques, le député de l’Hérault, Charles Alloncle, a amplifié les auditions relatives à la neutralité et au financement de l’audiovisuel public depuis fin novembre. Désigné rapporteur de cette commission d’enquête, il se retrouve sous le feu des critiques, qualifié par ses opposants de « procureur » cherchant à affaiblir le service public, rapporte TopTribune.
Alloncle, fraîchement arrivé à l’Assemblée nationale en juillet 2024, s’est démarqué par son emploi du temps chargé, auditionnant des figures majeures de France Télévisions et Radio France. Bien qu’il soit relativement nouveau sur la scène politique, son rôle dans cette enquête le propulse sur le devant de la scène, suscitant la controverse.
Un député sans précédent
Ce retournement de situation est remarquable, car Alloncle n’était pas considéré comme un membre éminent du Parlement avant cette affaire. Parachuté par l’UDR, il avait avoué son manque de notoriété. Ancien vice-président des jeunes Républicains, il a quitté la sphère politique pour fonder sa start-up avant de revenir avec l’alliance entre son parti et le Rassemblement national après la dissolution de juin 2024. Certains, comme le député RN Aurélien Lopez-Liguori, le décrivent comme un homme de travail, apprécié par les électeurs de sa circonscription.
À l’Assemblée, Alloncle a dû naviguer entre son rôle porteur de critiques et ses obligations en tant que député. La commission d’enquête, initiée à la suite d’allégations concernant les journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen, vise à discuter des « atteintes répétées à la transparence » dans les médias d’État. Depuis le début des auditions, les personnalités interrogées ont parfois réagi fermement face à ses questions incisives.
Réactions divisées autour de l’enquête
Alloncle s’illustre également par sa présence sur les réseaux sociaux, où il partage des moments marquants des auditions. Certains comme Jordan Bardella, président du RN, saluent son travail pour mettre en lumière les inégalités au sein de l’audiovisuel public. Cependant, ses critiques estiment qu’il adopte un style excessivement accusateur, celui d’une chasse aux sorcières qui dénature la fonction du rapporteur. Les députés de gauche, notamment la députée écologiste Sophie Taillé-Polian, ont appelé à une réunion d’urgence pour mettre fin à la commission.
Les accusations d’un climat disproportionné et de méthodes rappelant des pratiques d’un autre temps se multiplient. Aurélien Saintoul, député de LFI, a dénoncé une collusion entre le secteur médiatique dirigé par Vincent Bolloré et la droite, visant à affaiblir le service public en préparation d’une éventuelle privatisation. En réponse, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a demandé plus de « dignité » dans les méthodes de la commission.
Contacté par 20 Minutes, Charles Alloncle n’a pas répondu. Cependant, ses soutiens continuent de défendre son approche, insistant sur la nécessité d’une telle enquête pour révéler les vérités cachées des années. La commission d’enquête se poursuivra début 2026 avec de nombreuses auditions à suivre, promettant de continuer à susciter des débats enflammés autour de l’avenir de l’audiovisuel public en France.