Le cancer colorectal en France : une menace croissante
En 2023, la France a enregistré 47 582 nouveaux cas de cancers du côlon ou du rectum, avec environ 18 000 décès annuels attribués à cette maladie. Le cancer colorectal représente la deuxième cause de mortalité par cancer, toutes catégories confondues, et cette tendance est en hausse, particulièrement chez les femmes et les moins de 50 ans, rapporte TopTribune.
Santé publique France souligne dans son bulletin épidémiologique publié le 3 février 2025 que la progression du taux d’incidence a été particulièrement marquée chez les 15-39 ans, où il a augmenté de +1,43 % par an entre 2000 et 2020, avec des formes de cancer plus agressives que chez les personnes âgées.
Une étude indique que près de la moitié des nouveaux cas pourraient être évités, car liés à des facteurs de risque modifiables. En effet, 21 % des cas sont attribués à une alimentation déséquilibrée, 16 % à la consommation d’alcool, 11 % à l’obésité, et 2 % à un faible niveau d’activité physique.
Dans ce contexte, la sensibilisation du public aux recommandations nutritionnelles devient cruciale. Le bulletin de Santé publique France présente les facteurs qui protègent contre le cancer colorectal, ainsi que ceux qui augmentent le risque de sa survenue.
Quels sont les facteurs protecteurs ?
Les fibres : Les aliments riches en fibres, tels que les céréales complètes, les fruits, les légumes et les légumineuses, sont recommandés. Selon Santé publique France, « chaque portion journalière de 10 g est associée à une réduction du risque de cancer colorectal de 7 % ». Ces aliments fournissent également des micronutriments aux effets potentiellement anti-tumoraux.
Les produits laitiers : Ils présentent également un effet protecteur. La consommation de 400 g de produits laitiers par jour serait associée à une réduction de 13 % du risque de cancer colorectal, particulièrement pour les cancers du côlon, grâce au calcium, qui influence la prolifération cellulaire.
L’activité physique : Bien que l’on ne puisse pas définir un seuil précis pour l’activité physique préventive, elle est reconnue comme un facteur de protection. Une étude sur la UK Biobank a révélé qu’effectuer 9 000 pas par jour réduisait de 16 % le risque de divers cancers, y compris le cancer colorectal.
Quels sont les facteurs de risque ?
Les viandes rouges et transformées : Leurs consommations sont classées comme cancérigènes. Une consommation quotidienne de 100 g de ces viandes est associée à une augmentation de 12 % du risque de cancer colorectal. Les viandes transformées, en particulier, présentent un risque accru dû à des additifs comme les nitrites.
L’alcool : Classé comme cancérigène avéré depuis 1988, une hausse de la consommation d’éthanol de 10 g par jour est liée à une augmentation de 7 % du risque. Ce lien est exacerbé à partir de trois verres par jour, en raison de la production d’acétaldéhyde lors de son métabolisme.
La surcharge pondérale : Chaque augmentation de 5 kg/m² de l’indice de masse corporelle (IMC) entraîne une augmentation de 5 % du risque de cancer colorectal. Les dépassements d’une valeur d’IMC de 27 sont particulièrement préjudiciables.
Santé publique France insiste sur l’importance d’adopter les recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS). Des mesures supplémentaires sont nécessaires pour inciter les Français à adopter des habitudes alimentaires plus saines, incluant des subventions pour des aliments sains et des restrictions sur la publicité des produits peu nutritifs.