Budget de la Sécu 2026 : l'Assemblée réintroduit la suspension de la réforme des retraites

Budget de la Sécu 2026 : l’Assemblée réintroduit la suspension de la réforme des retraites

06.12.2025 08:17
3 min de lecture

Le 5 décembre 2025, après un vote marqué par le suspense, l’Assemblée nationale a réintroduit la suspension de la réforme emblématique des retraites tout en adoptant la partie recettes du budget de la Sécurité sociale. La prochaine étape est le vote sur l’ensemble du texte, prévu mardi, dont le résultat reste incertain, rapporte TopTribune.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a exprimé son soutien au budget, déclarant sur X qu’il « n’est pas parfait, mais il est le meilleur budget possible », et a appelé les députés à se prononcer « en conscience, pour l’intérêt général » lors du vote de la semaine prochaine.

Vote décisif mardi

Les députés ont presque achevé l’examen des articles dans la nuit de vendredi à samedi et finaliseront leur travail mardi. Ils voteront ensuite sur la partie « dépenses » du texte, suivie du vote sur l’ensemble du projet de loi. Une discussion finale portera sur l’article clé concernant l’objectif des dépenses de l’assurance maladie (l’Ondam).

La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a déjà annoncé son intention de proposer un amendement pour augmenter cet objectif de « 3 % » (contre +2 % précédemment), en réponse aux critiques sur le caractère insuffisant des prévisions budgétaires actuelles, jugées équivalentes à des économies.

Dans la soirée de vendredi, une mesure controversée concernant le gel des pensions de retraite et des minima sociaux a été largement rejetée par les députés, tout comme lors de la première lecture, bien que cette mesure ait été partiellement rétablie au Sénat.

Le Sénat s’était en effet opposé à la suspension de la réforme des retraites, un prix que le gouvernement de Sébastien Lecornu a payé pour éviter une censure de la part des socialistes. Les députés ont rétabli la suspension avec un score de 162 voix contre 75.

Alors que les positions des groupes de gauche seront cruciales lors du vote de mardi, le Premier ministre a souligné l’importance de maintenir la « parole tenue » sur ce sujet et a exhorté ceux ayant « combattu » la réforme à aller au-delà des considérations politiciennes.

Malgré cela, l’adoption du texte n’est pas garantie. Sébastien Lecornu a de nouveau exclu l’activation de l’article 49.3 de la Constitution cette semaine.

« Grand perdant » : le déficit

L’estimation finale du déficit de la Sécurité sociale pour 2026, qui résultera de toutes les mesures votées, représente un enjeu significatif. Selon la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, après la suppression du gel des retraites et des minima sociaux, ce déficit a atteint 22,5 milliards d’euros, sans compter les transferts prévus des caisses de l’État. La cible fixée par le gouvernement était de 20 milliards d’euros.

Frédéric Valletoux, président Horizons de la commission des Affaires sociales, a déploré qu’« finalement, le grand perdant de la soirée, c’est le déficit de la Sécurité sociale ». Sébastien Lecornu, quant à lui, a prévenu que « ne pas avoir de budget serait dangereux pour notre protection sociale, nos comptes publics et pour le rôle du Parlement ».

Il a également noté que le déficit est « encore trop grand pour ne rien faire », n’excluant pas que certaines « réformes » puissent être « prises par décret après concertation », tout en évoquant la problématique de la « bureaucratie médicale » plus tôt dans la semaine.

Résultat « pas reconductible »

Le vote sur la partie recettes a été validé vendredi avec un score de 166 voix pour, 140 contre, et 32 abstentions, bénéficiant du soutien de Renaissance, du MoDem, du PS et des indépendants de Liot. En revanche, l’alliance RN-UDR, LFI et les écologistes a voté contre, tandis que LR et Horizons se sont majoritairement abstenus, illustrant les tensions au sein du camp gouvernemental.

La faible affluence au scrutin a également été notée. Un cadre macroniste a alerté que « ça passe parce que le RN avait seulement 69 présents sur 123 députés », ajoutant que « le vote d’aujourd’hui n’est pas reconductible » mardi. Un député socialiste a renforcé cette analyse en précisant que « arithmétiquement, si on considère les positions politiques des groupes aujourd’hui, ça ne passerait pas mardi ».

Ce résultat serré sert donc d’alerte au gouvernement, malgré son apparente réussite temporaire, après de nombreuses tentatives de rapprochement. Jeudi, l’exécutif avait cherché un compromis entre le PS et la droite, en faisant voter une réécriture d’une augmentation de la CSG sur les revenus du capital, tout en réduisant son périmètre.

La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a également assuré qu’il n’y aurait « aucune augmentation des franchises médicales », qui étaient envisagées comme source de recettes. Parallèlement, le Sénat continue d’examiner le budget de l’État, en se concentrant sur les dépenses après avoir adopté largement la partie recettes.

Enfin, il a approuvé la suppression de 4 000 postes d’enseignants souhaitée par le gouvernement.

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