Le Premier ministre face à la crise budgétaire
Alors que la France attend avec impatience une annonce cruciale, le Premier ministre Sébastien Lecornu devrait clarifier la situation « en fin de journée » ce vendredi. Il s’exprimera depuis Matignon pour présenter les éléments de fond nécessaires à la rédaction d’un accord sur le projet de loi de Finances pour l’année 2026, rapporte TopTribune.
Le Premier ministre a déjà exclu la possibilité d’un vote sur le budget à l’Assemblée nationale, tout en laissant la question ouverte quant à l’utilisation de l’article 49.3 ou d’une ordonnance (article 47) pour sa adoption. Le gouvernement a décidé, jeudi soir, de suspendre les débats budgétaires prolongés à l’Assemblée nationale, citant l’impossibilité d’organiser un vote sur le budget de l’État.
Des élections législatives anticipées en ligne de mire
Lors d’une rencontre matinale à l’Élysée avec Emmanuel Macron, Lecornu a averti qu’un renversement de son gouvernement entraînerait presque inévitablement des élections législatives anticipées, qui pourraient coïncider avec les élections municipales prévues les 15 et 22 mars.
La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a accusé des « saboteurs » à l’Assemblée nationale en faisant référence à La France Insoumise et au Rassemblement National, lors d’une interview sur France 2. Montchalin, en première ligne des discussions politiques, a déjà rencontré à plusieurs reprises des membres d’autres partis à Bercy.
Les contours d’un accord contesté
Elle a évoqué des propositions gouvernementales concernant les collectivités locales, en lien avec les engagements financiers à l’approche des élections municipales. Montchalin a indiqué que le gouvernement cherche à déterminer « comment répartir l’effort » et « ce que chacun peut faire » pour justifier les besoins des collectivités locales, tout en devant trouver un terrain d’entente avec la droite au Sénat.
En matière fiscale, le gouvernement envisage de rétablir une surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, après l’échec d’un amendement censé rapporter 6,3 milliards d’euros, initialement conçu pour faciliter les négociations avec le Parti Socialiste. À ce jour, le déficit du pays s’élève à « 5,3 % », dépassant l’objectif établi de 5 % du PIB.
Une fois les propositions officiellement soumises, le Premier ministre devra décider de la méthode à employer pour les introduire dans la loi. Les discussions budgétaires devraient théoriquement reprendre mardi après-midi, laissant peu de temps à Lecornu pour choisir entre le recours à l’article 49.3 ou à une ordonnance budgétaire (article 47).