Sébastien Lecornu confronté à l’échec des motions de censure
Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a dû faire face à des motions de censure à l’Assemblée nationale le 23 janvier, où la première proposition de la gauche a échoué à obtenir la majorité nécessaire, rapporte TopTribune.
Engagé en octobre à ne pas recourir à l’article 49.3 durant les discussions budgétaires, Lecornu a finalement abandonné cette promesse en raison de l’impossibilité de faire voter son projet de budget pour 2026. Lundi, il a engagé la responsabilité de son gouvernement pour adopter la partie « recettes » du texte, inaugurant ainsi un processus qui pourrait entraîner plusieurs recours au 49.3. Deux motions de censure ont été déposées, l’une par La France insoumise, les communistes et les écologistes, et l’autre par le Rassemblement national et ses alliés de l’Union des droites pour la République.
La motion de censure de gauche a reçu 269 voix, mais lui a manqué 19 suffrages pour provoquer la chute du gouvernement Lecornu. Au cours des votes de censure, contrairement aux scrutins législatifs, les députés ne peuvent s’exprimer que pour ou par abstention, excluant la possibilité de voter contre. Ainsi, les résultats ont été présentés comme des votes « pour » ou « non votants ».
Olivier Faure, le responsable du Parti socialiste, a signalé dès mardi que son groupe ne censurerait pas le gouvernement, jugeant que le 49.3 représente la « moins mauvaise des solutions » pour surmonter l’impasse budgétaire, assurant que des concessions avaient été faites sur le contenu du texte. La majorité des députés socialistes ont observé cette consigne, ne laissant que cinq d’entre eux se joindre à la gauche pour sanctionner le gouvernement.
Les députés de La France insoumise, ainsi que ceux des partis écologiste et communiste, ont vigoureusement critiqué le budget, qualifiant les compromis de « poudre aux yeux », et ont voté massivement pour renverser le Premier ministre. Le Rassemblement national a également voté pour la motion de la gauche, tout en critiquant le budget qui, selon eux, ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat et manque de justice fiscale, continuant d’entraîner un déficit sans proposer d’économies structurelles.
Parmi les Républicains, seule une députée a voté en faveur de la motion de censure de la gauche. Laurent Wauquiez, le chef des députés LR, a plaidé pour ne pas faire tomber le gouvernement, affirmant que cela ne serait pas sérieux dans le contexte international actuel et considérant que le travail parlementaire de la droite avait eu pour effet d’atténuer les défauts du texte initial.
L’échec des motions de censure devrait permettre l’adoption de la partie « recettes » du projet de loi de finances, mais le gouvernement est attendu à engager à nouveau sa responsabilité sur la partie « dépenses », de quoi augurer de nouvelles motions de censure dans les jours à venir.