Le recours au 49.3 par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour faire adopter le projet de loi de finances a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux. Plusieurs internautes ont dénoncé le coût exorbitant engendré par cette méthode, affirmant que « nous payons 1,7 million d’euros par jour un Parlement qu’on empêche de voter ». Ce chiffre, avancé par un utilisateur, se base sur un budget de fonctionnement annuel de l’Assemblée nationale estimé à 625 millions d’euros, selon ses calculs, qui évoque même un « chiffre de la honte », rapporte TopTribune.
Toutefois, cette estimation est contestable. Le budget prévisionnel des dépenses de l’Assemblée nationale pour 2026 est fixé à 644 millions d’euros, incluant toutes les dépenses essentielles pour son bon fonctionnement. Ce montant reste globalement stable par rapport à 2025, où le budget s’élevait à 643,19 millions d’euros.
FAKE OFF
Il est crucial de noter que le budget de l’Assemblée nationale, comme tout budget, comprend des dépenses et des recettes. Il est habituellement à la une des débats, surtout les dépenses, qui représentent une part majeure de son budget total. Contrairement à une interprétation simpliste, le budget de l’Assemblée nationale ne représente qu’une fraction du coût global du Parlement, lequel, en incluant le Sénat, dépasse le milliard d’euros.
Les dépenses, estimées à 604,75 millions d’euros pour 2026, incluent les salaires des députés, leurs indemnités, ainsi que les dépenses de fonctionnement. À cela s’ajoutent les frais de déplacement et le renouvellement de la flotte automobile de l’Assemblée.
Le budget prévoit également des investissements dans la modernisation des infrastructures et des systèmes informatiques. Cela inclut des projets comme la rénovation du pavillon d’accueil du public du Palais Bourbon, des dépenses jugées essentielles pour améliorer l’expérience des visiteurs.
Impôts, taxes et cotisations des contribuables
Pour les recettes, elles sont estimées à 609,88 millions d’euros en 2026, la majorité étant issue des dotations de l’État financées par les impôts et taxes des citoyens et des entreprises françaises. Ces fonds représentent 99,63 % des besoins de financement de l’Assemblée nationale. L’idée que le coût d’une journée de fonctionnement puisse être simplement calculé en divisant le budget total par 365 jours est trompeuse et ne reflète pas la complexité des dépenses de l’institution.
Enfin, bien que les députés aient été privés de leur droit de vote en raison du recours au 49.3, cela ne signifie pas qu’ils ne continuent pas à exercer leur rôle au sein de l’Assemblée nationale, un travail qui reste financé par le budget de l’institution.