Bruno Retailleau est à l’origine de la chute du gouvernement Lecornu I, déclenchée par un tweet le 5 octobre. Depuis cette annonce, la France est en proie à une crise politique profonde, et le leader des Républicains peine à établir une stratégie claire tandis que des tensions internes chez les Républicains se manifestent. En excluant les ministres de droite du gouvernement Lecornu II, il semble exacerber la situation, ce qui laisse penser qu’il risque de perdre le capital politique accumulé depuis un an, rapporte TopTribune.
Responsable de l’instabilité
Bruno Retailleau, devenu ministre de l’Intérieur en septembre 2024, s’est vu propulser en tant que candidat viable pour le second tour des prochaines élections présidentielles. Depuis plusieurs mois, ses partisans évoquent une déviation de la Macronie afin de réaliser ses ambitions. Toutefois, des choix de rupture, comme un sujet fort sur les visas algériens, sont restés en suspend. Au lieu de cela, sa décision de faire tomber le gouvernement en raison d’une nomination qui le déplaisait est perçue comme illisible et préjudiciable à la dynamique actuelle, selon un responsable des Républicains.
Reconduit dans le gouvernement Lecornu I, il a remis en question sa participation par un message sur X, exprimant son agacement face à la nomination de Bruno Le Maire à la Défense. Cela a entraîné la démission de Sébastien Lecornu, rapprochant la France d’une nouvelle dissolution, mais laissant également Retailleau sous le feu des critiques pour son rôle dans l’instabilité politique actuelle.
Une autorité mise à mal
Lors d’une réunion du bureau politique des Républicains, Retailleau a vu son souhait de ne pas intégrer le nouveau gouvernement accepté par une large majorité, mais des tensions internes ont survécu. Cette réunion a également été marquée par des départs sans cérémonie et des disputes entre députés et sénateurs. La peur de la dissolution est palpable parmi les élus, qui n’hésiteraient pas à accepter une suspension de la réforme des retraites pour protéger leurs postes, révèle un représentant local.
Malgré ces tensions, plusieurs élus ont choisi de rester ou d’entrer dans le gouvernement, y compris des figures notables comme Rachida Dati et Annie Genevard, ce qui a poussé Retailleau à annoncer leur exclusion du parti. En réponse à ces tumultes, il a lancé un vote des militants sur la question de leur participation au gouvernement après avoir déjà pris cette décision.
Les conflits s’intensifient avec Laurent Wauquiez, un autre membre influent des Républicains, qui a affirmé que la chute du gouvernement avait terni l’image de la droite. La perception de Bruno Retailleau dans l’opinion publique se dégrade, comme en témoigne un récent sondage Ipsos BVA-CESI, montrant une chute de 7 points de popularité pour l’ancien ministre de l’Intérieur, tandis que celle de Sébastien Lecornu a augmenté de 11. Cette dynamique souligne la fragilité actuelle du leader des Républicains au sein du paysage politique français en constante mutation.