Les récentes observations de pollution sur les côtes sud de la Bretagne ravivent des souvenirs du naufrage de l’Erika, survenu le 14 décembre 1999. Le pétrolier a libéré une quantité massive de pétrole, touchant plus de 400 kilomètres de côtes, du Finistère à la Vendée. Cette catastrophe, l’une des pires de l’histoire maritime française, avait provoqué la mort d’environ 150 000 oiseaux, et aujourd’hui, l’impact semble se faire ressentir à nouveau, rapporte TopTribune.
Récemment, plusieurs oiseaux mazoutés ont été découverts dans le Finistère Sud, confirmant des informations rapportées par divers médias. Selon le CEDRE, le Centre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux, cette pollution serait attribuable à l’Erika. Ce tanker, affrété par Total Fina, transportait 30 000 tonnes de pétrole, entraînant une marée noire dévastatrice en 1999.
Depuis l’automne dernier, la Ligue de protection des oiseaux de Bretagne a recueilli 25 oiseaux souillés par du mazout. « Ce n’est pas nouveau », indique Romain Morinière, responsable de la station LPO de l’île Grande. Toutefois, l’origine du mazout reste préoccupante. « Personne n’a souvenir de traces de pétrole rejetées par l’Erika depuis son naufrage. En Bretagne, ce nom fait peur », ajoute-t-il.
Le Tanio, autre source de pollution
Bien que l’inquiétude ne soit pas à son comble, la surveillance est renforcée, étant donné que le nombre d’oiseaux mazoutés a augmenté en janvier 2026, avec déjà dix-sept signalements. L’épave repose à 120 mètres de profondeur, ce qui est alarmant, témoigne un autre membre de la Ligue. Les espèces les plus touchées incluent les guillemots de Troïl et le petit pingouin torda, qui se trouvent fréquemment à la surface de l’eau et sont donc vulnérables à la pollution.
La situation des oiseaux mazoutés en Bretagne est préoccupante. Depuis 2019, la station de l’île Grande a recueilli plus de 400 oiseaux mazoutés. Bien que tous ne soient pas analysés, beaucoup proviennent d’autres incidents, notamment du naufrage du Tanio, survenu en 1980 au large du Finistère nord. Ce pétrolier avait également causé des dégâts environnementaux considérables en déversant 10 000 tonnes de pétrole à 80 mètres de profondeur, entraînant la perte de huit membres de l’équipage.
Ce constat souligne l’urgence de mettre en œuvre des mesures de protection de l’environnement maritime et de renforcer les efforts de nettoyage. Les efforts pour remédier à cette situation semblent inévitables face à la persistance du problème que pose la pollution marine, qui affaiblit la biodiversité et nuit gravement à la faune locale.
En réponse à ces préoccupations, des initiatives sont nécessaires pour sensibiliser le public aux dangers des marées noires et à leurs conséquences à long terme. La communauté scientifique appelle également à une surveillance accrue des épaves maritimes afin de prévenir de futures pollutions. La vigilance collective est donc essentielle non seulement pour protéger l’environnement, mais aussi pour restaurer la santé des écosystèmes marins affectés par ces catastrophes passées.
Avec ces événements, il devient impératif d’examiner les politiques de sécurité maritime et la gestion des déchets pétroliers. Des pratiques de navigation plus sûres peuvent aider à atténuer les risques associés à des incidents similaires à l’avenir et à garantir une meilleure protection de la biodiversité marine en Bretagne et au-delà.