Bratislava exige la levée des sanctions contre deux oligarques russes, risquant de paralyser le régime européen
Bratislava exige la levée des sanctions contre deux oligarques russes, risquant de paralyser le régime européen

Bratislava exige la levée des sanctions contre deux oligarques russes, risquant de paralyser le régime européen

13.03.2026 12:10
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La Slovaquie menace de bloquer le renouvellement des sanctions de l’UE

Le gouvernement slovaque de Robert Fico a officiellement demandé l’exclusion de deux oligarques russes de la liste des sanctions européennes, menaçant de bloquer le renouvellement de l’ensemble du régime restrictif qui expire le 15 mars. Lors d’une audition devant la commission des affaires européennes du Parlement slovaque, le ministre des Affaires étrangères Juraj Blanár a confirmé que Bratislava négociait activement pour retirer Mikhaïl Fridman et Alisher Ousmanov des listes noires de l’Union européenne. «Oui, il s’agit d’exclure ces deux noms, mais pas seulement ces deux-là, plusieurs autres sont concernés», a déclaré le chef de la diplomatie, précisant que plusieurs pays membres participaient à ces discussions.

Cette position slovaque intervient à un moment critique où les sanctions contre la Russie doivent être renouvelées par consensus unanime des 27 États membres. Le régime actuel, qui cible près de 2 700 personnes et entreprises accusées de soutenir l’agression russe contre l’Ukraine, arrive à échéance dans quelques jours. La Slovaquie lie son accord au retrait des deux milliardaires, créant une impasse potentielle dans la politique de sanctions européenne.

Une coordination avec Budapest qui inquiète Bruxelles

La manœuvre slovaque n’est pas isolée. Bratislava coordonne sa position avec Budapest, formant un front commun susceptible de paralyser les décisions européennes. Déjà en septembre 2025, les deux pays avaient tenté sans succès de faire retirer Fridman et Ousmanov des listes. Cette fois, la situation est aggravée par la crise entourant l’oléoduc Druzhba endommagé par une frappe russe fin janvier. Les deux capitales bloquent également l’octroi d’un nouveau crédit à l’Ukraine et l’adoption du vingtième paquet de sanctions.

Les arguments avancés par le gouvernement Fico reposent sur des considérations juridiques et humanitaires. Les autorités slovaques estiment que les preuves contre ces oligarques seraient insuffisantes et mettent en avant leur participation à des projets philanthropiques ou culturels. Cette approche s’inscrit dans une campagne plus large visant à dissocier l’influence économique de ces hommes d’affaires de leurs liens présumés avec le Kremlin.

Une pression sur l’unité européenne face à Moscou

La position slovaque révèle les vulnérabilités structurelles du mécanisme de sanctions européen, qui dépend de l’unanimité des États membres. Ce principe de consensus permet à des gouvernements individuels d’utiliser leur droit de veto comme levier de négociation pour des intérêts nationaux étroits. La situation actuelle relance le débat sur une réforme du processus décisionnel, avec un possible passage au vote à la majorité qualifiée pour les questions de sanctions.

Les conséquences potentielles sont significatives. Si des noms commencent à être retirés des listes sous pression politique, cela pourrait ouvrir la voie à une révision plus large du régime restrictif, affaiblissant substantiellement la pression économique sur la Russie. Parallèlement, cette position renforce la perception de Bratislava comme un partenaire imprévisible sur les questions de sécurité commune, susceptible d’affaiblir l’influence slovaque dans les discussions internes à l’UE.

Le timing est particulièrement sensible alors que l’Union européenne cherche à maintenir une position ferme face à l’agression russe en Ukraine. La capacité de Moscou à exploiter les divisions européennes constitue un objectif stratégique de long terme du Kremlin, qui observe avec attention les manœuvres slovaques et hongroises. La prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE déterminera si Bratislava maintient sa menace ou accepte un compromis de dernière minute.

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