Brandt : un plan de sauvetage en Scop pour prévenir l’effondrement, l'État prêt à investir 5 millions d'euros

Brandt : un plan de sauvetage en Scop pour prévenir l’effondrement, l’État prêt à investir 5 millions d’euros

02.12.2025 19:26
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À un jour d’une audience décisive à Nanterre, l’État se dit prêt à injecter 5 millions d’euros pour soutenir un projet de reprise en Scop du groupe Brandt. Un dispositif qui pourrait sauver 300 emplois sur les 750 que compte l’entreprise, plongée dans le redressement judiciaire, rapporte TopTribune.

Un groupe emblématique en danger et un soutien financier sans précédent

Le gouvernement a annoncé sa volonté d’investir cinq millions d’euros dans un projet de reprise sous forme de Scop pour l’électroménager Brandt, actuellement en redressement judiciaire et confronté à des difficultés pour garantir les paiements des salaires. Ce soutien arrive alors que l’entreprise, fondée il y a plus d’un siècle et rachetée en 2014 par le groupe algérien Cevital, se trouve dans une impasse : sa production est presque arrêtée et son chiffre d’affaires de 260 millions d’euros ne permet plus de maintenir son activité. Avec près de 750 employés répartis sur quatre sites en France, dont deux usines à Orléans et Vendôme, spécialisées dans la cuisson, Brandt regroupe également les marques Vedette, Sauter et De Dietrich. Le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, a indiqué que le projet de Scop pourrait sauver 300 postes, contrairement à d’autres propositions de reprise qui ne prévoient pas de conserver les deux usines françaises.

Une Scop soutenue par Revive, dernier répit pour l’activité industrielle

Le projet de Scop bénéficie du soutien de Revive, groupe propriétaire de la marque Happyvore. Selon Sébastien Martin, ce scénario est le seul viable pour garantir un avenir à l’entreprise : « Soit on pense qu’on va pouvoir garder tout le monde, mais il n’y a pas d’avenir ; soit on accepte un recentrage de la stratégie. » Les représentants des travailleurs sont formels. « Nous sommes au bord du gouffre, c’est la seule issue pour sauvegarder des emplois », déclare Cyril Aubert, secrétaire CFTC du comité central social et économique. D’après lui, près de 20 millions d’euros seraient nécessaires pour relancer les opérations de Brandt, un montant qui dépasse largement l’aide publique proposée. L’entreprise se trouve dans l’incapacité de payer les salaires après le 15 décembre, d’où l’importance cruciale de l’audience au tribunal des activités économiques de Nanterre. Les élus locaux confirment que les autres projets de reprise ne garantissent pas la pérennité des deux sites industriels. Le projet de Scop demeure donc la dernière chance d’éviter la fermeture de l’un ou l’autre site historique.

Un secteur en difficulté et une entreprise à la limite de la rupture

La direction de Brandt reste silencieuse avant l’audience de mercredi, mais le cadre dans lequel le groupe évolue est particulièrement défavorable. Le marché du gros électroménager connaît une phase difficile : après une première baisse en 2023, il a subi une nouvelle contraction de 3,9 % l’année suivante, selon le Gifam. La crise immobilière aggrave la situation, les achats d’équipements de cuisine étant très liés aux déménagements ou aux acquisitions immobilières. En plus de ses deux usines en Centre-Val de Loire, Brandt possède un centre de service après-vente à Saint-Ouen-l’Aumône et un siège à Rueil-Malmaison. La survie du groupe repose désormais sur sa capacité à attirer des investisseurs privés et à garantir un soutien public. À 48 heures de l’audience, l’avenir industriel de Brandt est en jeu, avec en ligne de mire plusieurs centaines d’emplois et la pérennité d’un acteur historique du paysage industriel français.

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