Bouchara sollicite un redressement judiciaire en raison de la crise de la consommation.

Bouchara sollicite un redressement judiciaire en raison de la crise de la consommation.

21.01.2026 14:47
2 min de lecture

Le 21 janvier 2026, Bouchara, un acteur historique dans le domaine de la décoration et du linge de maison, a déposé une demande de redressement judiciaire auprès du tribunal des activités économiques de Paris. Cette action a lieu dans un contexte où la consommation des ménages est stagnante et où le secteur de l’équipement de la maison fait face à une pression continue sur ses ventes, rapporte TopTribune.

Raisons de la demande de redressement judiciaire par Bouchara

La direction de Bouchara explique que cette démarche est motivée par un environnement économique qu’elle juge durablement défavorable. Selon les déclarations relayées par la presse régionale, l’entreprise opère dans un « marché durablement contraint », caractérisé par « une réduction des dépenses des ménages », comme l’a précisé la direction de Bouchara. En d’autres termes, les choix de consommation affectent directement les ventes de produits de décoration, souvent considérés comme des dépenses non essentielles lorsque le budget est serré.

De plus, Bouchara est sévèrement impacté par le ralentissement du marché immobilier, un facteur clairement souligné par sa direction. Moins de transactions immobilières entraînent une diminution des emménagements, et par conséquent, une baisse des achats de rideaux, de linge de maison et d’objets de décoration. Dans ce contexte, le nombre de clients en magasin a chuté et les volumes de vente ont diminué. La direction reconnaît également avoir enregistré des pertes répétées, et ce, malgré plusieurs années d’efforts pour adapter son modèle d’affaires.

En outre, Bouchara souligne avoir entrepris une transformation stratégique dès 2017, époque à laquelle l’entreprise a décidé de se désengager du prêt-à-porter pour se concentrer sur la décoration et d’élever la qualité de son offre. Cette réorientation visait à faire face à la concurrence et à revaloriser la marque. Toutefois, ces changements n’ont pas suffi à compenser la détérioration récente des chiffres de consommation et l’accumulation des pertes, selon les informations fournies par L’Est Républicain.

Attentes de Bouchara concernant la procédure de redressement

En premier lieu, Bouchara souhaite gagner du temps. En sollicitant le redressement judiciaire, l’entreprise espère obtenir une période d’observation de six mois, comme l’a indiqué la direction. Celle-ci permettrait de faire un bilan de la situation financière, de suspendre certains paiements et de continuer l’activité sous la supervision du tribunal. Les magasins demeureraient ouverts durant cette période, comme promis par la direction, afin de préserver le chiffre d’affaires et maintenir les relations avec la clientèle.

Selon Le Dauphiné Libéré, la direction désire également exploiter cette période pour attirer de potentiels investisseurs ou partenaires industriels. Le redressement judiciaire est conçu comme un outil pour « protéger les emplois », selon les déclarations officielles. Bouchara espère également rétablir sa trésorerie. Le chiffre d’affaires prévu pour 2025 est estimé à 82,5 millions d’euros, mais ce montant reflète une baisse significative par rapport à l’année précédente. L’Est Républicain a noté une diminution de 8,6 millions d’euros du chiffre d’affaires entre 2024 et 2025. Cette procédure pourrait permettre de renégocier certaines conditions avec les créanciers et les partenaires commerciaux.

La question de l’emploi est incontournable. Cette procédure impacte directement 541 salariés en CDI répartis au sein d’un réseau de 52 magasins en France métropolitaine. Pour les employés concernés, l’annonce du redressement judiciaire engendre une période d’incertitude prolongée, malgré les assurances de la direction quant à la pérennité de leurs postes. Bouchara affirme vouloir continuer à maintenir l’ouverture de ses points de vente durant la période d’observation.

Les syndicats n’ont pas tardé à exprimer leur préoccupation. La Fédération CGT Commerce et Services a fait part de son inquiétude, estimant que « cette annonce brutale plonge les salariés dans une incertitude totale sur leur avenir professionnel », selon un communiqué relayé par Le Progrès.

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