Lors de sa récente campagne, Bally Bagayoko a captivé l’attention en réalisant un spectaculaire tir au panier, en dos au panier. Cet ex-joueur semi-professionnel de basket, cadre de la RATP et désormais maire de Saint-Denis, a réussi à arracher la ville au Parti socialiste, transformant ainsi le paysage politique de la deuxième plus grande ville d’Île-de-France après Paris, rapporte TopTribune.
Son élection prouve, selon Bagayoko, que la stratégie nationale de La France Insoumise (LFI) fonctionne, malgré les critiques d’amateurisme et de fake news lancées à son encontre. Le député communiste Stéphane Peu, qui a soutenu sa liste, souligne l’expérience de Bagayoko dans les campagnes électorales et sa gestion municipale, ayant été vice-président du conseil général.
Né dans les Hauts-de-Seine de parents maliens et élevé à Saint-Denis, Bagayoko a débuté sa carrière politique en 2001 aux côtés de l’ancien maire communiste Patrick Braouezec. Son engagement, notamment dans le mouvement sportif local, a été remarqué par l’ancien maire, qui décrit Bagayoko comme « très impliqué ».
« Casser les caricatures »
Sa colistière, Sofia Boutrih, décrit Bagayoko comme une personne « très accessible » et « à l’écoute », espérant qu’il parviendra à « casser les caricatures » qui entourent les politiciens des quartiers. Élevé en HLM, il se présente comme un « jeune des quartiers populaires ayant vécu des injustices », ardent défenseur de la lutte contre les dérives policières et les discriminations.
« À l’image des habitants de Saint-Denis »
Selon le député LFI Éric Coquerel, Bagayoko représente les quartiers populaires et la diversité de la Seine-Saint-Denis, souvent associée à des populations issues de l’immigration récente. Il incarne ainsi « l’image des habitants de Saint-Denis ».
L’ancienne majorité avait émis des inquiétudes, insinuant que des narcotrafiquants soutenaient Bagayoko lors de sa campagne. Pendant ce temps, Jean-Luc Mélenchon a critiqué le maire sortant, Mathieu Hanotin, le qualifiant de « petit-bourgeois visqueux ». Le score de 32,7 % de Hanotin, qui avait mis fin à 75 ans de communisme à Saint-Denis en 2020, a été perçu comme un véritable choc au sein du camp socialiste.
Hanotin avait exprimé son souhait, dès 2024, que Saint-Denis tire parti de la mise en lumière des Jeux Olympiques pour se positionner comme le leader hôtelier de l’Île-de-France d’ici 2030. Cependant, Bagayoko a régulièrement critiqué la gestion de Hanotin, le qualifiant d’« agent immobilier » et dénonçant une ville « vendue et défigurée » par des choix politiques.