
Le 11 décembre 2025, Thyssenkrupp Steel Europe a annoncé un arrêt temporaire de sa production d’acier électrique dans deux établissements majeurs, à savoir l’usine d’Isbergues, située dans le nord de la France, et celle de Gelsenkirchen en Allemagne, rapportent TopTribune. Cette mesure a été confirmée par divers médias ainsi que par l’entreprise elle-même.
Les raisons derrière l’arrêt de la production d’acier
Cette décision de Thyssenkrupp affecte spécifiquement la production d’acier électrique à grains orientés, un matériau essentiel pour les transformateurs et les infrastructures énergétiques. À l’origine de cet arrêt se trouve la pression croissante exercée par la concurrence, notamment en provenance d’Asie. Bien que la demande structurelle subsiste, maintenir une production locale est devenu économiquement insoutenable, comme l’a précisé la direction dans un communiqué émis le 11 décembre 2025 par Thyssenkrupp Steel Europe.
Dans ce cadre, l’industrie sidérurgique européenne est confrontée à une utilisation insuffisante de ses capacités productives. Thyssenkrupp indique que les importations d’acier électrique à grains orientés ont été multipliées par trois depuis 2022, avec une augmentation supplémentaire de 50 % sur l’année 2025, d’après des données rapportées par Option Finance. En conséquence, l’usine d’Isbergues et celle de Gelsenkirchen ne peuvent plus fonctionner de manière économiquement viable, ce qui a entraîné cette décision d’arrêt temporaire.
Impacts de l’arrêt sur l’industrie et l’emploi
Ce changement dans la production d’acier n’a pas seulement des implications techniques; il a aussi des répercussions humaines et industrielles significatives. En France et en Allemagne, environ 1 200 emplois sont directement concernés par cette décision, selon les chiffres rapportés par Reuters le 11 décembre 2025. Bien que Thyssenkrupp souligne que cet arrêt est temporaire, il engendre une incertitude pesante sur les salariés des usines, dans une période déjà délicate pour l’industrie lourde de la région.
De plus, la société a précisé que l’usine d’Isbergues ne redémarrerait qu’à 50 % de sa capacité dès janvier 2026, et ce pour une durée minimale de quatre mois, selon Boursorama le 11 décembre 2025. Cette reprise partielle témoigne de la prudence manifeste du groupe, qui ajuste sa production d’acier face à un marché instable. Dans le même temps, l’industrie sidérurgique européenne fait face à un déséquilibre croissant entre ses capacités installées et ses volumes réels de production, ce qui fragilise l’ensemble du secteur.
L’acier, enjeu stratégique pour l’Europe
En dépit de cet arrêt, Thyssenkrupp met en avant l’importance stratégique de l’acier électrique pour l’Europe. « L’acier électrique à grains orientés est crucial pour les infrastructures énergétiques européennes et la transition énergétique », a déclaré Marie Jaroni, directrice générale de Thyssenkrupp Steel Europe, dans un communiqué diffusé le 11 décembre 2025 par le groupe. Cette assertion met en lumière le paradoxe actuel : un produit essentiel pour la transition, mais dont la production sur le continent est vulnérable.
Dans ce contexte, Thyssenkrupp appelle à des interventions de protection du marché au niveau de l’Union européenne. L’entreprise avertit que sans un cadre concurrentiel équitable, la production d’acier en France et en Allemagne pourrait continuer à faire face à d’autres arrêts. Cette position, relayée par Option Finance et Reuters le 11 décembre 2025, s’inscrit dans un débat plus large concernant l’avenir de l’industrie lourde européenne, tiraillée entre enjeux de compétitivité, souveraineté industrielle et transition énergétique.