Violences politiques en France : les tensions montent après la mort d’un militant
L’Assemblée nationale a été le théâtre d’intenses échanges le mardi 17 février, suite à la mort de Quentin Deranque, militant identitaire battu à mort à Lyon lors d’une conférence de l’eurodéputée insoumise Rima Hassan. Le débat sur les circonstances entourant ce décès a véritablement enflammé la scène politique, ravivant des tensions entre les différents groupes parlementaires, rapporte TopTribune.
La mort de Deranque, survenue vendredi dernier, a mis sous le feu des projecteurs La France insoumise, alors que des voix s’élèvent pour pointer du doigt leurs liens avec le groupe Jeune Garde antifasciste. Un collaborateur du député Raphaël Arnault, suspecté d’avoir été présent lors des faits, a vu ses accès au Palais-Bourbon suspendus.
Malgré la gravité de la situation, les questions posées au gouvernement ont débuté dans un climat de recueillement, avec une minute de silence observée en mémoire du jeune militant. La présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, a souligné que « personne ne devrait mourir à 23 ans, personne ne devrait mourir pour ses idées ». Cependant, une escalade verbale s’est rapidement installée, avec Sébastien Lecornu, le Premier ministre, et Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, s’en prenant directement aux insoumis et à leur leader, Jean-Luc Mélenchon.
Laurent Wauquiez, président du groupe Droite républicaine, a ouvert le bal des accusations en déclarant que « cette violence ne vient pas de nulle part. Aujourd’hui, l’extrême gauche a du sang sur les mains ». Ses propos n’ont pas suscité de réactions significatives parmi les députés insoumis, qui semblent avoir consenti à un certain silence face aux attaques.
« On n’a pas eu besoin d’avoir de consigne. On est tous dévasté par la mort de ce jeune homme et on sait que l’on doit rester digne face aux attaques. »
Un député insoumis
Sébastien Lecornu a ajouté que l’entretien d’une « rhétorique de la confrontation » pouvait avoir des conséquences néfastes sur la société. Gérald Darmanin a suivi en insinuant que les messages d’incitation à la violence sur les réseaux sociaux peuvent être tout aussi destructeurs que des attaques physiques réelles. Son intervention a encore amplifié les tensions dans la salle.
Mathilde Panot, présidente du groupe insoumis, a ouvertement critiqué le gouvernement pour son rôle dans la sécurisation de l’événement de Lyon et n’a pas hésité à rappeler les violences commises par l’extrême droite, déclarant : « Nous n’acceptons pas que la violence physique, d’où qu’elle vienne, soit employée pour régler les conflits. » Suite à cela, elle a été rapidement interrompue par Lecornu qui a accusé le groupe de ne pas faire preuve de sincérité dans leur détresse, interrogeant leur légitimité face aux attaques.
« Pourquoi tout le monde doute de votre sincérité et pourquoi personne ne veut vous croire ? Tout simplement parce qu’il est temps que vous fassiez le ménage, Madame la présidente Panot. »
Sébastien Lecornu
Pour la France insoumise, la situation est délicate. Alors que les tensions s’exacerbent, des voix internes reconnaissent que le moment est critique pour le parti, et des discussions ont déjà eu lieu concernant le retour possible de Raphaël Arnault, dont l’absence a été fortement ressentie. Les élus insoumis tentent de maintenir une posture digne, malgré la pression croissante de l’assemblée.