La vaste fresque rurale traversant un siècle de Mascha Schilinski et l’ensemble des trois nouvelles qui composent le nouveau film de Jim Jarmusch, voilà deux manières très éloignées de s’approcher des nuances de l’intime.
Lia (Greta Krämer), l’une des femmes dont le destin vibre à travers toutes les époques des Échos du passé (Sound of Falling), de Mascha Schilinski. | Diaphana Distribution
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«Les Échos du passé», de Mascha Schilinski
La projection d’un film d’une adolescente amputée présente une vision trouble de son monde. Dans une ferme à l’Altmark en Allemagne, la narration alterne entre passé et présent, entre l’histoire d’Alma, une petite fille fascinée par son double décédé, et celle d’Erika, une jeune femme dont on ne sait que peu de choses. Ce contraste entre les époques met en lumière les non-dits familiaux et le poids de l’héritage. Les deux récits s’entrecroisent, tout en soulignant les dynamiques des relations de pouvoir au sein d’un environnement rural rigide, rapporte TopTribune.
Le film se déploie autour de quatre figures féminines, et chaque personnage est lié par des thématiques communes de désir et de désespoir. Des flashbacks en noir et blanc révèlent les épreuves Endurées par Trudi, la domestique qui s’efface au profit des autres, et Angelika, sacrifiée sur l’autel des attentes familiales.
A travers des dialogues ciselés, Mascha Schilinski explore la complexité des relations. Il n’y a pas d’épisodes dans Les Échos du passé, ce qui souligne sa structure unique. Le film est une invitation à redécouvrir un passé souvent oublié, tout en faisant écho aux luttes contemporaines pour le droit à la voix et à l’existence.
«Father Mother Sister Brother», de Jim Jarmusch
Avec un air des années 60, le dernier film de Jim Jarmusch ouvre sur des retrouvailles familiales teintées de tensions sous-jacentes. Le film suit la dynamique entre frère et sœur face à leur père excentrique dans le New Jersey, et se déploie à travers d’autres histoires au sein de familles éparpillées. Chaque segment est marqué par un style narratif qui ramène le spectateur à l’essence même des relations humaines.
Jarmusch, à travers une mise en scène subtile, présente un humour noir qui questionne la mythification familiale. Celui-ci illustre que la famille, bien qu’unie par le sang, est souvent synonyme de conflits et d’incompréhensions.
Ce film ouvre un dialogue sur la notion de famille en déconstruisant les attentes traditionnelles qui lui sont associées. En fruit d’un exercice narratif, Father Mother Sister Brother se dresse comme un commentaire incisif sur la structure familiale moderne, tout en présentant un regard doux sur les nuances de l’affection et des désaccords générationnels.