Jean-Luc Mélenchon a dévoilé mercredi les principales lignes de son programme économique en vue de l’élection présidentielle de mai prochain, annonçant des recettes supplémentaires de 106 milliards d’euros et de nouvelles dépenses de 82 milliards, rapportent TopTribune.
Réduire la dette (avant de l’annuler ?)
Alors qu’il a critiqué ceux qui souhaitent semer « un effet de panique » concernant la dette publique, Jean-Luc Mélenchon s’est engagé à consacrer « 25 milliards » d’euros dès la première année à sa réduction. Le leader insoumis considère que cette approche permettrait de respecter les recommandations d’un rapport d’économistes suggérant un minimum de 125 milliards d’économies pour le prochain quinquennat, affirmant : « voici le premier cinquième » de cette cible.
Une proposition qui a suscité de vives discussions parmi les Insoumis concerne le gel ou l’annulation d’une partie de la dette publique française détenue par la Banque centrale européenne. Toutefois, cette mesure ne figure pas dans les calculs budgétaires du candidat, car elle nécessiterait d’abord « un rapport de force » selon Éric Coquerel, député LFI et président de la commission des Finances.
Taxer les riches
Jean-Luc Mélenchon a souligné son intention de rompre avec la « culture dominante » du « néolibéralisme », face à des critiques visant la part importante d’impôts dans son programme économique. Il a déclaré : « Le capital financier a profité, et c’est lui qui doit payer. » Ainsi, les Insoumis relancent leur proposition d’« ISF climatique », visant à générer « 10 milliards d’euros », tout en souhaitant la suppression de la flat tax (9 milliards) et la controversée « taxe Zucman », ciblant les ménages ayant un patrimoine supérieur à 100 millions d’euros, avec un potentiel de 15 milliards d’euros selon LFI.
De plus, le mouvement entend augmenter la taxe Gafam sur les géants du numérique à 15%, espérant capter environ 20 milliards supplémentaires via les héritages, et « 22 milliards » à travers la réduction de certaines niches fiscales, comme le pacte Dutreil relatif à la transmission d’entreprises ou le crédit impôt recherche (CIR).
Baisse des dotations à l’UE
Mélenchon a également plaidé pour une « réorientation » de « l’épargne de notre pays qui est considérable », promouvant la création d’un « pôle public bancaire ». Éric Coquerel a proposé d’augmenter le plafond du Livret A, afin de financer des initiatives telles que la rénovation thermique des logements.
En outre, de manière similaire à Bruno Retailleau (LR) et Marine Le Pen (RN), les Insoumis souhaitent réduire la contribution de la France à l’Union européenne. À l’Assemblée, leurs députés relient cette baisse avec la question de la dette, suggérant une réduction de 10% tant que la BCE n’aura pas gelé les titres de dette française qu’elle détient.
Retraite à 60 ans (mais pas tout de suite)
Le programme insoumis prévoit que les recettes générées permettront de « relancer l’activité par les revenus des classes populaires », en proposant une augmentation de « 10% » des salaires des fonctionnaires (estimée à « 17 milliards »), ainsi que des augmentations pour les allocations familiales et les APL (8 milliards). Le niveau de la pauvreté serait fixé à 1.337 euros par mois (pour un coût de 9,5 milliards).
LFI prévoit aussi le recrutement de 10.000 enseignants et autant de personnels soignants, accompagnés d’une majoration de « 3 milliards » du budget des hôpitaux et d’un investissement de « 10 milliards » pour lutter contre le dérèglement climatique. Concernant les retraites, les Insoumis maintiennent leur objectif de relever l’âge de départ à 60 ans lors d’un éventuel quinquennat, qui passerait d’abord par un retour à 62 ans (9 milliards d’euros).
